-
Après les soubresauts de 2003, il y a un espoir de
reprise en 2004
- Les tarifs affaires pour les vols long-courriers grimpent
partout sauf aux E.-U.
- Les transporteurs à bas prix et à prestations
simplifiées transforment l'industrie aérienne
dans tous les marchés clés
- Le secteur hôtelier souffre d'une apathie généralisée
malgré des signes encourageants
Selon la toute première étude des tendances
en 2003-2004 dans l'industrie mondiale des voyages d'affaires,
publiée aujourd'hui par American Express, le secteur
des voyages d'affaires montre des signes de reprise après
avoir été durement ébranlé pour
une deuxième année d'affilée. Des nouvelles
certes encourageantes pour l'industrie, mais qui se traduiront
l'an prochain par une hausse des tarifs.
Face à la mondialisation croissante des activités
des entreprises clientes, les Services conseils mondiaux American
Express ont préparé pour la première
fois une version complète de l'étude annuelle
des tendances et prévisions pour chacune des principales
régions du globe. Les projections pour 2004 indiquent
que la hausse des tarifs aériens sera minime pour les
voyages court-courriers intérieurs et légèrement
supérieure pour les déplacements long-courriers
internationaux; dans le secteur hôtelier, les prix ne
devraient augmenter que modérément.
L'année 2003 demeure morose, mais 2004 s'annonce
meilleure
Le climat d'incertitude international suscité notamment
par la guerre en Irak, le terrorisme, la flambée des
prix du pétrole et le virus du SRAS, combiné
à des facteurs nationaux comme la baisse de la consommation,
la faiblesse de la création d'emplois et de l'augmentation
des salaires de même que les reculs boursiers ont sérieusement
ébranlé l'industrie mondiale du voyage cette
année. Le ralentissement global du trafic passagers,
que ne parviennent toujours pas à compenser les réductions
de capacité, se traduit par une offre excessive et
un rendement moindre. N'eussent été le SRAS
et le conflit en Irak, le trafic aérien aurait progressé
de 7 %. Selon l'Organisation de l'aviation civile internationale
(OACI), la croissance du trafic passagers en 2003 sera la
même qu'en 2002. Pour 2004 toutefois, l'OACI prévoit
que le trafic passagers mondial va augmenter de 4,4 % - les
premiers résultats positifs enregistrés par
l'industrie du transport aérien depuis le 11 septembre
2001. En 2005, la hausse devrait être de 6,3 %, ce qui
ramènerait l'industrie aux niveaux de 2000. Les voyages
d'affaires ayant de tout temps été un premier
indice de l'état général de l'économie,
ces chiffres laissent entrevoir un retour à la croissance
en 2004.
Selon Matthew Davis, directeur - Services conseils mondiaux
American Express, "il s'agit de toute évidence
d'excellentes nouvelles pour les sociétés aériennes
et hôtelières, mais les gestionnaires de voyages
pourraient être moins emballés, car ce sont eux
qui risquent de devoir composer l'an prochain avec une hausse
de coûts. Les voyageurs d'affaires, qui se sont habitués
à des tarifs plus abordables ces deux dernières
années, pourraient aussi en pâtir. Cependant,
le gestionnaire de voyages prévoyant aura pris le soin
de négocier des tarifs bon marché en prévision
de 2004." Pour 2004, American Express prévoit
une augmentation à l'échelle mondiale qui pourrait
atteindre 1 % dans le cas des tarifs court-courriers intérieurs
et qui sera de l'ordre de 3 à 4 % pour ce qui est des
billets de classe affaires internationaux. Les prix consentis
aux entreprises par les hôtels de catégories
intermédiaire et supérieure vont grimper jusqu'à
1 %. Voici un aperçu des hausses projetées dans
les différentes régions (une ventilation par
pays est fournie dans la section des points saillants des
marchés à la fin du communiqué de presse)
:
Tarifs aériens de classe affaires en hausse
dans la plupart des marchés
Dans l'ensemble, les tarifs de classe affaires sur les vols
long-courriers est en hausse dans tous les marchés,
sauf aux E.-U. Les tarifs de catégorie supérieure
(première, classe affaires et plein tarif d'économique,
tous remboursables) ont augmenté au deuxième
trimestre (par rapport à la même période
l'an dernier) de 1,7 % en Europe - une majoration nettement
plus modeste que celle de 5,6 % enregistrée en 2002
-, de 4,18 % dans la région Asie-Pacifique et en Australie,
et de 5,54 % aux E.-U., une indication de la concurrence régnant
sur le marché.
Pour la même période, on a constaté aux
E.-U. une diminution comparable (4,54 %) des tarifs d'économique
intérieurs. En Europe, les prix ont chuté brutalement
de 17 % face à la menace des transporteurs à
bas prix et à prestations simplifiées. La région
Asie-Pacifique a pour sa part connu une augmentation d'à
peine 2,25 %.
"L'étude des tarifs donne différents résultats
qui sont probablement le reflet de l'incertitude économique,
explique M. Davis. Aux E.-U., le mouvement à la baisse
indique que les transporteurs aériens se livrent une
concurrence plus vive pour s'approprier une clientèle
d'affaires moindre qui, par ailleurs, n'est toujours pas disposée
à payer le plein tarif. Cette clientèle laisse
clairement entendre qu'elle est disposée à se
prévaloir des tarifs d'agrément des principaux
transporteurs, quitte à se conformer aux conditions
de séjour minimal d'un samedi soir et d'achat à
l'avance. On assiste à des pressions concertées
de la part des gestionnaires de voyages en faveur des tarifs
d'agrément non remboursables, d'où une baisse
de la demande pour des tarifs plus élevés.
"La baisse généralisée des tarifs
d'agrément tient au fait que les compagnies aériennes
traditionnelles restructurent leur tarification pour soutenir
la concurrence des transporteurs à bas prix et à
prestations simplifiées, qui tendent à s'imposer
de plus en plus aux E.-U., au Canada et en Europe. On peut
y voir aussi une tentative de la part de l'industrie dans
son ensemble pour encourager les voyages d'agrément
dans un contexte particulièrement riche en défis."
De poursuivre M. Davis : "Les transporteurs aériens
cherchent de plus en plus à attirer la clientèle
d'affaires en multipliant les offres et en proposant des produits
plus alléchants comme des fauteuils-couchettes et l'accès
à Internet. Mais ces efforts d'innovation se traduisent
par des tarifs plus élevés dans la plupart des
marchés. Il faut donc se demander si les voyageurs
d'affaires sont disposés à payer ces prix. D'après
les réservations effectuées jusqu'à maintenant
cette année, ce n'est guère probable, surtout
dans le cas des vols court-courriers intérieurs dans
les régions où l'économie est plutôt
frileuse et où nombre d'entreprises contrôlent
de près les déplacements de leur personnel,
en particulier la classe de service utilisée."
Avènement des transporteurs à bas prix
et à prestations simplifiées
Parmi les principales tendances relevées par l'étude,
il y a le fait que les transporteurs à bas prix et
à prestations simplifiées gagnent en importance
et rognent la part de marché des compagnies aériennes
nationales. En Europe, onze de ces exploitants à bas
prix se partagent 28,7 % du marché, un net bond en
avant par rapport aux 13,6 % qu'ils détenaient en 2002.
Et l'IATA prévoit qu'au R.-U. ils détiendront
35,7 % du marché d'ici 2010. Comme l'explique M. Davis,
le secteur des voyages à prestations simplifiées
a transformé radicalement le marché du transport
aérien en instituant une concurrence féroce
qui a obligé les exploitants de vols court-courriers
à changer leur mode de fonctionnement.
L'Europe n'est plus en reste à présent. La part
de marché des transporteurs à bas prix est de
30 % au Canada et d'environ 20 % aux E.-U., et elle se situe
entre 20 et 30 % en Australie. L'Europe offre encore bien
des possibilités d'expansion soutenue. Les transporteurs
à prestations simplifiées gagnent aussi du terrain
dans la région Asie-Pacifique tout comme en Amérique
latine et dans les Antilles, plus particulièrement
au Mexique. Aux E.-U., le rythme de pénétration
a ralenti. Les transporteurs à bas prix continuent
d'accroître leur part de marché, mais moins rapidement
qu'ailleurs. Beaucoup proposent des prestations à bord
et des services intertransporteurs identiques à ceux
des compagnies aériennes d'exploitation principale
- JetBlue, par exemple, offre aux voyageurs d'affaires un
pas accru entre les rangées de sièges et des
télévisions individuelles même s'il est
considéré comme un concurrent à bas prix.
"Comme la clientèle d'affaires américaine
se tourne vers les transporteurs à prestations simplifiées,
les tarifs court-courriers d'économique ont diminué
de 4,54 %, ajoute M. Davis. Cette tendance est encore plus
marquée en Europe où l'on a constaté
une chute brutale de 17 % dans la même catégorie
de tarifs pratiqués par les principales sociétés
aériennes en réaction aux concurrents à
bas prix."
Malgré un resserrement généralisé
des horaires, les transporteurs à prestations simplifiés
gagnent vite du terrain. Le nombre de vols réguliers
a augmenté de 36 % à l'intérieur du R.-U.
et bondi de 77 % en Europe, de 67 % au Canada et de 56 % dans
la région Asie-Pacifique. Une récente étude
menée par American Express montre par ailleurs que
les économies que font les entreprises en optant pour
les transporteurs à prestations simplifiées
peuvent varier selon le moment où la réservation
est effectuée. Les prix proposés par ces derniers
peuvent être comparables aux tarifs d'économique
affichés par les exploitants traditionnels si la réservation
est faite dans les cinq jours précédant le départ
ou s'il y a moins de concurrence sur la ligne en question.
En Europe, un billet acheté la veille du départ
seulement peut coûter 180 % de plus qu'au autre réservé
sept jours à l'avance.
"L'étude montre que la clientèle d'affaires
qui opte pour la formule à prestations simplifiées
et qui ne fait pas de réservations à l'avance
risque fort de payer des prix comparables à ceux des
transporteurs traditionnels", estime M. Davis.
2003 : Une année éprouvante pour le secteur
hôtelier
Dans l'ensemble, 2003 aura été une année
difficile pour l'industrie hôtelière, et ce,
dans tous les marchés. La conjoncture économique
et le contexte géopolitique ont certes nuit au transport
aérien, mais en plus ils ont entraîné
une révision à la baisse des prix des hôtels,
en particulier les tarifs d'entreprise.
La diminution des taux d'occupation s'explique principalement
par une demande moindre de la part de la clientèle
d'affaires, surtout le créneau des réunions
et des voyages de motivation, et le ralentissement des déplacements
internationaux en raison des questions de sûreté.
Et le coût de construction des installations nouvelles,
habituellement planifié des années à
l'avance, n'a fait qu'aggraver le problème. Comme on
a construit près de deux fois plus d'établissements
qu'au début des années 1990, il y a maintenant
un excès de chambres sur le marché.
Le taux d'occupation (avril 2002 - avril 2003) a chuté
dans les principaux centres d'affaires : 84 % à Hong
Kong, 65 % à Singapour, 18 % à Tokyo, 22 % à
Paris et 29 % à Dubai. Seule l'Amérique latine
a connu une tendance inverse, soit une augmentation de 24
% à Buenos Aires, de 5 % à Sao Paolo et de 9
% à Santiago. A l'instar des transporteurs aériens,
les hôtels s'efforcent d'attirer la clientèle
en diversifiant leurs produits, par exemple en offrant l'accès
Internet gratuit ou haute vitesse.
Le prix des chambres dans les établissements haut de
gamme a diminué au deuxième trimestre (par rapport
au même trimestre l'an dernier) dans tous les marchés,
l'Amérique du Nord enregistrant un recul significatif
de 17,5 %. Curieusement, les hôtels nord-américains
bas de gamme ont majoré leurs tarifs de 6,9 %, une
indication que la clientèle d'affaires se tourne désormais
vers les établissements meilleur marché, au
même titre que les transporteurs à prestations
simplifiées. Pour ce qui est des hôtels de catégorie
intermédiaire, les prix ont baissé partout sauf
dans la région Asie-Pacifique où ils ont augmenté
de 2,9 % - moins que la hausse de 3,7 % enregistrée
l'an dernier.
De tous les grands centres d'affaires, seul celui de Sydney
a affiché des rentrées en hausse (avril 2002
- avril 2003). Hong Kong, aux prises avec le SRAS, et Singapour
ont été le plus durement touchés, avec
des pertes de 90 et 70 % respectivement. Du fait de la situation
politique au Moyen-Orient, le manque à gagner pour
le secteur hôtelier s'établit à 35 % pour
Dubai et se situe entre 2 et 5 % pour Riyadh. Et les problèmes
liés à la sûreté n'ont fait qu'empirer
les choses. Selon Smith Travel Research, les hôtels
aux E.-U. ont vu leurs primes d'assurance grimper de 15 %
en 2003.
"Nous prévoyons qu'à l'échelle mondiale,
les tarifs d'entreprise consentis par les hôtels de
catégories intermédiaire et supérieure
vont augmenter en moyenne d'au plus 1 % en 2004, fait remarquer
M. Davis. Mais même si 2004 est envisagée avec
plus de confiance, les voyageurs peuvent encore en profiter
pour obtenir de bons prix auprès des hôtels -
surtout à l'approche du dernier trimestre de l'année,
traditionnellement plus calme. Le climat général,
les préoccupations suscitées par les questions
de sûreté et la
construction de nouveaux établissements vont continuer
d'inciter l'ensemble des fournisseurs à revoir leurs
prix à la baisse. Cela va exacerber la tendance également
à la baisse des taux d'occupation hôteliers dans
nombre de centres d'affaires clés, et la clientèle
des entreprises devrait continuer à se voir proposer
de bonnes occasions."
Les Services aux entreprises d'American Express, qui comprennent
la Carte affaires American Express, les Voyages d'affaires
et les Solutions d'achat pour les entreprises, aident les
compagnies à gérer et à contrôler
leurs dépenses reliées aux voyages d'affaires
et leurs achats. Ils forment une division d'American Express
Travel Related Services Company Inc., filiale en propriété
exclusive d'American Express Company - société
internationale fondée en 1850 qui offre une vaste gamme
de services dans les secteurs du voyage, des finances et des
réseaux. American Express est un chef de file des cartes
de paiement et de crédit, des chèques de voyage,
du voyage, de la planification financière, des produits
de placement, de l'assurance et des opérations bancaires
internationales.
Note à la rédaction : Amex Canada diffusera
plus tard ce mois-ci les conclusions de son étude sur
les tendances et les prévisions concernant l'industrie
canadienne du voyage d'affaires, qui donne un aperçu
détaillé des tendances de l'industrie et des
prévisions tarifaires pour le Canada en 2004.