15 septembre 2003


LA CLIENTÈLE D'AFFAIRES ET LES HÔTELIERS

- par Nathalie De Grandmont -

Les hôteliers sont prêts à tout(ou presque) pour attirer les gens d’affaires…
De la petite auberge jusqu’à l’hôtel 5 étoiles, les hôteliers sont prêts à tout (ou presque) pour répondre aux attentes des gens d’affaires. Leurs efforts vont des produits fins offerts dans les chambres jusqu’à des petites attentions comme fournir une gardienne ou organiser des cours de cuisine pour les conjoints qui les accompagnent…

Une clientèle très recherchée
Les hôteliers investissent de plus en plus d’efforts pour attirer la clientèle d’affaires. La majorité des nouveaux hôtels qui ont vu le jour à Montréal ces dernières années ont d’ailleurs été conçus expressément pour cette clientèle, à quelques choses près. Et dans les villes, comme dans les régions, bien des établissements dépendent dorénavant de la clientèle d’affaires pour traverser les saisons creuses. « Les gens vont dans les centres urbains pour les réunions de quelques jours », explique Sylvie Jacques, organisatrice de réunions d’affaires pour le groupe Voyages Vision. « Mais , ajoute-t-elle, de plus en plus de compagnies souhaitent maintenant intégrer un aspect « détente » ou « loisirs » dans le cadre de leurs réunions d’affaires. Plusieurs recherchent donc des hôtels avec des terrains de golf ou avec des spas ; pour pouvoir s’offrir aussi quelques moments de détente ».

Convaincre : en douceur, mais avec tous les moyens possibles
« Avant toute chose, les congressistes choisissent un lieu »; déclare Jocelyn Ann Campbell, directrice des communications au Palais des Congrès de Montréal. « Il faut d’abord leur vendre la ville elle-même: son ambiance, ses attraits, ses restaurants, son art de vivre… » Manon Garceau, directrice du marketing pour le groupe Resort One, est tout à fait du même avis. « Nous vendons la destination avant l’hôtel. Quand nous vendons l’hôtel Saint-Sulpice aux américains, par exemple, nous vendons « Paris sans le décalage horaire », les mêmes services qu’à Toronto mais avec le petit cachet européen… » « Les clients veulent savoir dans quelle ville ils se réveillent ; alors il est important que l’hôtel reflète également l’environnement auquel il appartient », ajoute madame Garceau. Et c’est pour cette raison, explique-t-elle, que l’hôtel a choisi d’offrir dans ses salles de bains les produits de la compagnie québécoise Fruits et Passion. D’ailleurs, les produits arborent clairement les logos de Fruits et Passion, et non ceux de l’hôtel, par exemple. « Les gens connaissent ces produits et savent qu’ils sont de grande qualité, alors nous voulons leur montrer que nous leur offrons des produits de prestige ». L’hôtel pousse le luxe et la coquetterie encore plus loin dans les suites exécutives, car dans celles-ci on retrouve des flacons d’eau de cologne et une variété de produits provenant de la prestigieuse maison française Anick Goulet…

Dans les hôtels, les produits de bain sont de plus en plus nombreux, attrayants et originaux. Certains hôtels vont même jusqu’à demander aux fournisseurs de préparer certaines gammes spécifiquement pour eux. Mais ces produits ne sont que la pointe de l’iceberg. Le soucis des détails est poussé si loin que certaines choses considérées comme des petits « extras » il n’y a pas si longtemps (le peignoir dans les chambres, par exemple) font désormais partie d’une longue liste d’incontournables absolument nécessaires pour attirer la clientèle d’affaires et la clientèle haut de gamme. Selon Manon Garceau, un hôtel qui courtise cette clientèle doit posséder : une salle de gym (un « must ! »), un centre d’affaires, le service de valet parking, le service de concierge et le service aux chambres, si possible 24 heures sur 24 ! Dans les chambres, les clients s’attendent aussi à retrouver, obligatoirement : séchoir et fer à repasser, peignoir, coffret de sécurité, mini-bar, cafetière, plusieurs lignes téléphoniques et un accès internet , haute vitesse de préférence… C’est souvent après et delà de ces attentions de base que commence la véritable compétition : avec d’autres petites attentions supplémentaires qui composent ce qu’on appelle « le service personnalisé » .

Le service personnalisé : difficile à définir mais absolument nécessaire
« Tous les clients veulent se sentir unique, confirme Sylvie Jacques, organisatrice de réunions d’affaires au Groupe Voyages Vision. « Ils veulent sentir que les hôteliers sont prêts à répondre à tous leurs besoins, de A à Z… » C’est d’ailleurs cette notion de « service personnalisé » qui a largement contribué à la popularité des hôtels-boutiques. Le Groupe Germain, à qui l’on doit l’ouverture des premiers hôtels-boutiques dans la province, en a toujours fait son cheval de bataille. « Dix ans après l’ouverture de notre premier hôtel, notre service chaleureux et personnalisé est encore notre principal outil publicitaire », commente sa présidente, Christiane Germain. Dans les hôtels du groupe Germain (dont le Germain, à Montréal), les employés s’efforcent d’appeler les clients par leurs noms, par exemple. A l’Hôtel Saint-Sulpice, on fournit aux clients des cartes d’affaires personnalisées, que ceux-ci utilisent pendant la durée de leur séjour à l’hôtel. De son côté, le réseau Hôtellerie champêtre fournit aux compagnies un service gratuit d’aide à la recherche. Ainsi, un responsable des ventes corporatives aide les clients potentiels à choisir les hôtels du réseau qui répondent le mieux à leurs besoins. Les hôtels membres de la chaîne Relais et Châteaux, quant à eux, misent sur la gastronomie et les vins. Evidemment, tous les hôtels n’ont pas les mêmes moyens mais la majorité des établissements tentent de capitaliser sur leurs forces et d’en faire profiter la clientèle d’affaires. « Il est vrai que la notion de service est difficile à définir », commente Christiane Germain. «C’est un ensemble de petites choses qui font que le client se sent bien, à l’aise, comme chez lui… En fait, c’est quand le service n’est pas là qu’on le remarque… », conclue-t-elle. Comm
e dans bien d’autres domaines, les hôteliers se doivent de faire bonne impression ; et là comme ailleurs, tout peut se jouer dès les premières minutes …


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