L'avenir de la distribution du voyage repose sur la collaboration entre les agences de voyage classiques et les sites Internet spécialisés ont estimé plusieurs participants à un colloque sur l'« e-tourisme » organisé à Paris jeudi par l'Echo touristique. Alors que les deux types de distribution semblent aujourd'hui en pleine guerre, avec un développement exponentiel d'Internet face à des agences de voyage en crise, Frédéric Vanhoutte, président de l'Association des sites de tourisme en ligne Level.com, a estimé qu'ils vont se compléter à terme.
« On voit déjà de grands sites de voyage sur Internet ouvrir des agences physiques à Paris, a-t-il souligné. Les gens ont besoin d'agences de proximité, plus humaines, où ils peuvent demander des conseils, exprimer des besoins spécifiques », a-t-il ajouté.
Un avis partagé par Philippe Grando, directeur général d'Amadeus France, fournisseur de technologies pour la réservation. « Même aux États-Unis, où Internet est très présent, les agences occupent encore 60% du marché », a-t-il noté. D'autant plus que « la multiplication des sites Internet peut être destructrice de valeur », a-t-il remarqué, observant que « plus il y a de sites, plus on passe de temps à chercher, et finalement on a besoin de conseil. »
Selon les participants au colloque, le contenu et l'utilisation des sites Internet vont continuer à évoluer, en s'ouvrant davantage aux vols des compagnies à bas coûts, qui ont besoin d'élargir leur distribution pour se développer, et à la location de voitures. La directrice d'Opodo France, Petra Friedmann a ainsi estimé qu'avec le passage d'Air France à la « commission zéro » pour les agences de voyages au 1er avril 2005, « les low cost seront davantage sur un pied d'égalité avec les compagnies traditionnelles. »
Les ventes en ligne ont représenté 3,6 milliards d'euros en 2003, avec une progression de plus de 50% estimée en 2004, selon les chiffres de Fédération des entreprises de vente à distance (Fevad). Les voyages se sont classés en troisième position derrière les produits culturels et technologiques, mais devant les vêtements et le textile.
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