magazine voyage

2 février 2004

La Chaire de tourisme de l’UQAM lance un
réseau de veille en tourisme
- par André Désiront

L’UQAM crée un « Réseau de veille en tourisme » qui sera supervisé par Michel Archambault, titulaire de la Chaire de tourisme. « Nous aurons une équipe de cinq chercheurs qui surveilleront en permanence tout ce qui se fait en tourisme dans le monde : les nouvelles actions de marketing, les tendances, les événements », explique Michel Archambault. « Ainsi, l’information ne sera plus traitée et digérée six mois plus tard, mais nous l’analyserons et nous la diffuserons immédiatement à tous les intervenants de l’industrie, ce qui devrait leur permettre de mieux réagir et de mieux s’adapter au contexte mondial, qui est de plus en plus compétitif. » Le nouveau réseau bénéficie d’un appui financier sur trois ans du ministère du Tourisme du Québec et de Développement économique Canada, qui allouent respectivement des contributions de 650 000 $ et 900 000 $.


Le réseau sera composé de cinq chercheurs de haut niveau et dirigé Paul Arseneault, de la Chaire de tourisme. Ils alimenteront un site Web qui sera continuellement tenu à jour, publieront un bulletin mensuel, diffuseront des capsules d’informations « ciblées » et donneront périodiquement des comptes-rendus et des conférences.

Pourquoi un tel réseau de veille? « La clientèle modifie ses façons de voyager et le contexte de plus en plus concurrentiel nous oblige à nous tenir quotidiennement informés de ce qui se fait chez nous, chez nos voisins et ailleurs dans le monde », observait la ministre déléguée au Tourisme du Québec, Nathalie Normandeau.

Michel Archambault avance l’exemple de l’agence en ligne Expedia, qui, voici cinq ans ne vendait pratiquement aucune chambre d’hôtel. « Aujourd’hui, ils vendent 40 000 chambre par jour et, certaines journées, cela grimpe même à 70 000 chambres. Ce pouvoir d’achat leur permet de vendre des chambres à de meilleurs tarifs que les chaînes hôtelières n’en accordent à leurs bons clients. Ce qui a contraint les grands groupes hôteliers à réviser leurs stratégies. Mais certains ont tardé à le faire. Ils auraient certainement réagi plus rapidement s’ils avaient été conscients du phénomène plus tôt.»

Paul Arsenault, directeur du nouveau Réseau de veille, renchérit avec l’exemple des hôteliers qui ont baissé leurs prix pour stimuler la demande pendant les crises que nous venons de vivre. « Or, une étude du Centre de recherche en hôtellerie de l’Université Cornell a démontré que cela ne servait à rien de baisser les prix », dit le directeur du nouveau réseau de veille. « Ce sont essentiellement les gens qui étaient obligé de voyager pour leurs affaires ou pour d’autres raisons, qui ont continuer à venir. Ils seraient venus même si les hôteliers n’avaient pas baissé leurs prix. On leur a donc fait une faveur qu’ils n’avaient pas sollicitée. Les baisses de prix ont certes attiré une clientèle supplémentaire, mais c’est une clientèle qui ne reviendra pas et l’étude de Cornell a établi que, même si elles ont stimulé les taux d’occupation, les réductions ont eu un impact négatif sur les résultats financiers. »

Mais les études sont généralement publiées plusieurs mois après le début d’un phénomène de ce type, c’est-à-dire trop tard pour redresser le cap. « Dans un réseau de veille, les chercheurs surveillent continuellement ce qui se passe, sans attendre qu’on leur commande une étude », poursuit Paul Arsenault. « Les études commandées à des firmes de consultation ou à des centres universitaires recueillent habituellement l’information auprès d’une demi-douzaine de sources, alors que, dans un réseau de veille comme le nôtre, nous avons identifié 400 sites et périodiques qui seront continuellement scrutés. »


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