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par André Désiront -
Le
nombre de plaintes contre les transporteurs aériens déposées
par les voyageurs à l’Office des transports du
Canada (OTC) a diminué considérablement. Malheureusement,
ce n’est pas parce que les compagnies aériennes
ont amélioré leur service, mais plutôt parce
qu’Air Canada, qui est de loin le transporteur dominant
au pays, s’est placé sous la protection de la loi
sur la faillite. «Ils ont moins de passagers, ce qui occasionne
nécessairement moins de bavures, et ceux qui s’estiment
lésés prennent moins souvent la peine de se plaindre,
soit par sympathie pour une compagnie en difficulté,
soit parce qu’ils pensent que cela ne donnerait rien puisque
le transporteur est sous la protection de la loi sur la faillite»,
constate la Commissaire aux plaintes, Liette Lacroix-Kenniff.
Alors que le commissariat avait enregistré 2761 doléances
émanant de passagers mécontents, en 2001, il n’en
a traité que 1756 en 2002. Les résultats de cette
année ne sont pas encore disponibles, mais Liette Lacroix-Kenniff
constate que la tendance à la baisse s’est poursuivie.
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Liette
Lacroix-Kenniff, commissaire aux plaintes |
Les
plaintes les plus fréquemment enregistrées portent
sur des carences du service à la clientèle et
particulièrement, l’incertitude dans laquelle sont
maintenus les voyageurs en cas de retards. «Ce ne sont
pas les retards en soi qui indisposent les passagers, mais le
manque d’informations et le fait qu’on les abandonne
à eux mêmes», observe Liette Lacroix-Kenniff.
«Quand l’employé d’un transporteur
dit aux passagers : «Nous ne sommes pas responsables des
retards!», il provoque automatiquement du mécontentement.
Si, par contre la compagnie s’occupe bien de ses passagers,
les plaintes sont rares, même en cas de retards prolongés.
Pendant la fin de semaine de la fête du travail, qui est
toujours une période très occupée, un transporteur
nous a avertis que nous devrions recevoir des plaintes, parce
qu’il s’est retrouvé avec deux avions cloués
au sol en raison de problèmes d’ordre mécanique.
Mais ils ont bien traité les gens. Ils ont répondu
de leur mieux à toutes les questions et en ont logé
un certain nombre à l’hôtel. Nous n’avons
reçu aucune réclamation.» Plus du tiers
des plaintes enregistrées à l’OTC portent
sur le manque de communication et «une attitude négative
du personnel». Environ 20% des doléances ont trait
à des retards et des annulations de vols. La perte ou
les retards de livraison des bagages suit au troisième
rang des motifs les plus souvent évoqués, alors
qu’au quatrième rang, on retrouve les réclamations
portant sur l’insatisfaction pour défaut de remboursement
ou parce qu’un transporteur a imposé des frais
supplémentaires au détenteur d’un billet.
«À cause de leurs difficultés financières,
les transporteurs sont actuellement plus réticents à
donner satisfaction aux passagers qui réclament des remboursements
ou des dédommagements», note Liette Lacroix-Kenniff.
«Cela demande souvent une «intervention musclée»
de notre part.» D’ailleurs, même si le nombre
global de plaintes a diminué à cause de la situation
particulière d’Air Canada, le volume de réclamations
contre les autres compagnies a augmenté.
Quant aux passagers qui s’abstiennent de loger une plainte
contre Air Canada, parce qu’ils estiment que, dans les
circonstances, cela ne servirait à rien, la commissaire
aux plaintes admet qu’il n’y a pas grand chose à
faire actuellement. « Nous avons les mains liées,
parce que les passagers qui réclament un dédommagement
sont considérés comme des créanciers et
que nous n’avons pas le droit de réclamer de l’argent
à Air Canada, en ce moment. Je crois, malheureusement,
que dès cette compagnie quittera la protection de la
loi sur les faillites, le volume de plaintes augmentera instantanément.»
Liette Lacroix-Kenniff remarque que certaines compagnies étrangères
ignorent systématiquement les réclamations qu’on
leur soumet. «Les pires sont Aeroflot et Air India»,
dit-elle. «Ils ne répondent pas aux clients et
ils ne nous répondent pas lorsque nous les contactons.
Mais c’est l’Office des transports qui délivre
leurs permis de desservir des aéroports canadiens et
nous allons trouver une manière de les obliger à
négocier.»
Le commissariat aux plaintes relatives au transport aérien
a été créé en juillet 2002. Les
passagers qui s’estiment lésés peuvent contacter
le 1-888-222-2592 ou consulter la section «plaintes»
du site www.otc.gc.ca.