magazine voyage

4 février 2004

Solbec Tours célèbre son dixième anniversaire
- par André Désiront
Solbec Tours célébrera son dixième anniversaire le 24 février. Le grossiste fondé par Fernando Spatolisano et Harry Goetschi est surtout reconnu comme un opérateur spécialisé sur l’Italie et la Suisse. Mais au fil des années, il a élargi sa gamme de produits. Il vient d’ailleurs d’ajouter une nouvelle corde à son arc, après s’être associé à la compagnie Grand Prix World : les forfaits pour amateurs de Formule 1. Le vice-président ventes et marketing, Harry Goetschi, nous parle du cheminement et du développement de l’entreprise.

Express Voyage.ca : Que faisiez-vous avant de fonder Solbec?

Fernando Spatolisano
Harry Goetschi
Harry Goetschi : J’étais vice-président de Receptours Canada, une des principales agences réceptives du pays . Fernando Spatolisano était responsable des guides. Je couvrais le marché européen depuis 1977 et j’ai assisté progressivement à la dilution du produit « Québec/Ontario ». Il y avait de plus en plus d’intervenants qui, pour se tailler une part de marché, se livraient à des guerres de prix. Les forfaits au Canada devenaient de moins en moins cher et nous commencions à avoir la réputation d’une destination «cheap». J’ai estimé que nous n’arriverions plus à commercialiser un produit de qualité. C’est ce qui nous a donné l’idée de lancer un grossiste. Fernando connaissait très bien l’Italie, où il avait des contacts et, en ce qui me concerne, on pouvait en dire autant pour la Suise. Fernando a quitté Réceptour pour fonder Solbec le 24 février 1994. Je l’ai rejoint en juillet de la même année. Cet été là, nous avions lancé un premier circuit : «Jardins d’Europe». Les gens pensaient qu’ils s’agissait d’un produit à vocation horticole, alors nous l’avons rebaptisé «Chaleureuse Italie du Sud», un nom qu’il porte encore aujourd’hui.

EV : Vous êtes considéré comme un grossiste spécialisé sur l’Italie et la Suisse… deux destinations réputées «chères», dans un marché – le Québec – réputé réfractaire aux produits coûteux! Est-ce difficile d’évoluer dans un tel contexte?

HG : Nous ne nous cantonnons pas seulement à l’Italie et la Suisse, même si ces deux pays restent pour nous des «spécialités». Au fil des années, nous avons rajouté d’autres destinations : la Corse et la Sardaigne, la Côte d’Azur et la Provence et nous avons tranquillement annexé l’Europe centrale à la gamme des produits. L’an dernier, nous avons lancé un «Autriche/Tchéquie/Slovaquie/Hongrie», l’idée étant de permettre aux voyageurs de découvrir ce qu’était l’ancien empire austro-hongrois. Quant à la réputation charriée par l’Italie et la Suisse d’être des destinations chères, je vous dirais que, globalement, elles ne sont pas plus chère que l’Autriche et la Hongrie, par exemple. Il y a des régions de l’Italie qui sont moins chères que d’autres. La partie Sud de la botte, comme les Pouilles, où nous allons avec certains circuits, est moins chère que bien d’autres régions d’Europe. Et en groupe, cela revient souvent meilleur marché qu’en voyageant individuellement. De toutes manières, nos circuits se vendent plutôt bien. L’an dernier, nous avions programmé 12 départs de nos circuits «Séduction italienne», qui couvrent le pays du nord au sud, en trois semaines et ils se sont tous vendus.

EV : Quel est le seuil minimum de participants requis pour vos groupes?

HG : 15 personnes. Et nous limitons les inscriptions à 36 personnes, de manière à ce que les gens ne soient pas entassés dans l’autocar. Cela se traduit d’ailleurs par des groupes plus attentifs pendant les visites. Quant ils sont trop nombreux, il y a toujours des gens qui entendent mal le guide et se désintéressent des explications. Nous tentons également de ne jamais prévoir de trajets de plus de 400 kilomètres à l’itinéraire. Cela, toujours par souci de confort.

EV : Maintenant que les baby boomers approchent de l’âge de la retraite, n’assiste-t-on pas à une érosion de la clientèle des circuits en autocar? Ces gens-là ont appris à voyager sur une base individuelle et ils ont généralement visité l’Europe…

HG : Notre clientèle se situe dans une fourchette d’âge qui va de 45 à 75 ans. Même s’ils ont « appris à voyager », comme vous dites, il y a beaucoup de baby boomers qui aiment se dégager de toute responsabilité et se faire dorloter. Des gens qui, plus jeunes, voyageaient sur une base individuelle, changent en prenant de l’âge. Ils deviennent plus soucieux de confort et ils apprennent à aimer l’atmosphère d’un groupe. D’ailleurs, nous ne nous contentons pas de programmer des groupes. Nous commercialisons beaucoup de circuits individuels et de forfaits «en liberté». Nous vendons des appartements et, sur une base «FIT», des hôtels à Malte et en Europe centrale… L’an dernier, nous sommes devenus représentants de MSC Croisières Italiennes, qui exploitent cinq navires en Europe. Nous avons un produit de plus en plus diversifié. C’est vrai que les gens nous identifient beaucoup à l’Italie et aux circuits, mais ils commencent à réaliser que nous vendons aussi d’autre chose. Nous venons d’ailleurs de nous lancer dans le créneau des grands prix de Formule 1.

EV : Comment cela?

HG : Nous nous sommes associés avec l’entreprise Grand Prix World, qui est dirigée par Mario Malouin. C’est un T.O. très spécialisé qui conçoit des forfaits qui permettent d’assister à des grands prix sportifs. Nous venons de signer une entente aux termes de laquelle nous agirons comme distributeur, alors qu’ils assureront l’organisation et les opérations. Actuellement, nous commercialisons des forfaits pour les Grands Prix de Formule 1 d’Imola, de Barcelone et de Monaco. Et nous nous préparons à introduire des forfaits similaires pour le Grand Prix du Canada, ceux des Etats-Unis, de France, d’Allemagne, d’Angleterre et de Hongrie. Jusqu’à présent, Grand Prix World agissait comme détaillant et diffusait ses produits auprès d’une clientèle très spécialisée. En s’associant à un grossiste comme nous, ils se ménagent la possibilité d’accéder à un réseau de distribution beaucoup plus important.

EV : À combien de personnes ce genre de produits s’adresse-t-il vraiment?

HG : Sur le marché du francophone, cela intéressera probablement entre 30 et 60 personnes. Les véritables fanatiques de F.1. qui ont les moyens de dépenser entre 4000 $ et 6000 $ pour aller assister à un grand prix. Un forfait d’une semaine à Imola pour le Grand Prix de San Marino, par exemple, coûte 3559 $. Ce qui inclut l’avion, les transferts, quelques visites et quelques repas, mais pas l’accès aux tribunes qui coûtera 410 ou 650 euros, selon la catégorie de places.

EV : Vous avez d’autres projet de cet ordre?

HG : Nous songeons aux 500 milles d’Indianapolis et au circuit Nascar.

EV : Revenons aux circuits et aux voyages plus traditionnels! Décelez-vous une tendance, en c qui concerne les destinations?

HG : Force est de constater que les pays d’Europe de l’Est suscitent une demande de plus en plus importante sur le marché québécois. Chez nous, l’Italie restera toujours le produit principal, mais l’engouement naissant pour l’Europe de l’Est nous a incités à lancer des séjours culturels «en liberté» à Prague, Budapest et Vienne, et ce n’est probablement qu’un début pour cette partie de l’Europe.


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