magazine voyage

5 janvier 2004


Appel aux urnes pour la plus belle femme de l’industrie !
- par André Désiront
 

Deux semaines après le déclenchement du scrutin, nous avons recueilli un peu moins de 200 votes dans le cadre de notre concours «La plus belle femme de l’industrie». Il est encore trop tôt pour prédire lesquelles, parmi les 106 candidates mises en nomination, se détacheront du peloton pour former la cohorte des dix finalistes dont les noms seront dévoilés le 15 janvier. Nous nous attendons à ce que la compétition redémarre de plus belle, maintenant que la période des fêtes est terminée. Un constatation s’impose cependant d’emblée : les femmes sont plus nombreuses à voter que les hommes pour leurs collègues du même sexe. Et les commentaires sont tellement «gentils» qu’on se demande s’il reste des machos, dans cette industrie.

Plusieurs électeurs pratiquent malheureusement la confusion des genres. Ainsi, Lily (Lily qui, au fait?) d’Aqua-Sud choisit France Gauthier, directrice de Kilomètre Voyages, parce qu’elle a «beaucoup d’entregent et de dynamisme dans tout ce qu’elle entreprend». Les employés de Voyages Cassis choisissent Evelyn Cassis… de Voyages Cassis, «… pour sa joie de vivre et ses compétences». Édith Lapointe, de Voyages Vasco, appuie la candidature de Pamela Desylva… de Voyages Vasco, qui serait «une personne très gentille en plus d’être dynamique et professionnelle. Elle est toujours souriante. Pour ce qui est du coté professionnel très disponible et a l'écoute des autres.»

Ces nominées sont assurément de bien troublantes créatures, mais les arguments invoqués par les électrices pour justifier leur choix ne valent pas tripette. Il s’agit d’un concours de BEAUTÉ. On ne demande pas aux candidates d’être compétentes ou d’avoir une «qualité d’écoute» exceptionnelle. On en convient : la beauté intérieure est importante (faut bien être politiquement correct!), mais c’est surtout de beauté extérieure qu’il s’agit ici. Parlez-nous d’un visage à l’ovale parfait, d’une paire d’yeux fascinants, de fossettes craquantes ou de silhouettes à détourner un gestionnaire consciencieux de ses devoirs, mais de grâce, ne nous chauffez pas les oreilles avec la compétence!

Combien rafraîchissant, après tous ces échanges de politesse, avons-nous trouvé le commentaire de Yves Saumur, de Croisières à tout prix, qui a voté pour Lyne Saint-Jean, directrice régionale de Carnival car, écrit-il, elle lui rappelle «le petit lapin des piles Duracell et...j'aime les "bunny"» Enfin, une vraie réflexion de macho qui s’assume! L’espèce, pensions-nous, était encore plus en danger que les pingouins de l’Antarctique, la morue et quelques autres variété animales en voie de disparition.
Dans un genre plus éthéré, nous avons relevé au passage cette réflexion de Victor Rudko, de Vacances Royal Scenic, qui craque pour Karine Jeandet. «Very sexy smile but the most sexy eyes!!!», constate-t-il.

Ceux qui suivent l’actualité (la vraie) de près s’en souviendront : Maryse Martel, directrice des ventes de Nolitour, avait voté pour Robert Trudeau, directeur des ventes d’Air France, dans le cadre de notre concours du «Plus bel homme de l’industrie». Elle avait motivé son choix par ce commentaire «Peut-être me donnera-t-il des billets gratuits sur les ailes d’Air France… en classe Affaires!!!» Ce qui, convenons-en, dénote une certaine vénalité de caractère. Entretemps, le beau Robert, qui figure parmi les trois finalistes, se livre à un échange de bons procédés en accordant à Maryse son suffrage assorti de cet étonnant commentaire : «Il y a beaucoup de similitudes entre Maryse et moi, notamment son penchant pour le luxe, ha, ha, ha! Derrière les belles paroles qu’elle a eues à mon égard, j'ai immédiatement décelé son intérêt pour la Première classe d'Air France. Pour ma part je verrais pas la différence entre l'Espace première et l'Espace club si j'étais assis au coté de Maryse pendant 7 heures : le temps me semblerait si court.» Manifestement, un directeur des ventes qui confond l’Espace première et l’Espace club n’a plus tous ses esprits. Faut-il y voir les signes d’un regrettable désintérêt de la part d’un cadre tenu à se dévouer corps et âmes pour son entreprise ou simplement les premiers symptômes de la phase de dérèglement mental qui précède habituellement le déclenchement d’une passion torride?

Parlant de passions, notre concours permettra peut-être à quelques grande idylles de se nouer. «Vous n'avez qu'à la regarder et vous comprendrez...vous n'avez qu'à la rencontrer à son travail et vous comprendrez... en l'entendant parler et donner les informations au client...on ne peut que la trouver belle», écrit un admirateur dont nous ne dévoilerons pas le nom, au sujet d’une candidate dont nous ne dévoilerons pas davantage l’identité. Question de pudeur : une telle élévation de sentiments force nécessairement le respect. Quoique… une femme qui perturbe à ce point ses collègues de travail est un véritable danger pour la productivité!


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