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7 janvier 2004


Graves lacunes constatées en 2002 en Suisse sur les deux avions de Flash Airlines

L'interdiction de survol du territoire suisse faite en octobre 2002 à Flash Airlines était due à de graves dysfonctionnements constatés sur les deux appareils de la compagnie de vols charters. «Flash Airlines présentait un danger pour la sécurité aérienne», a déclaré Célestine Perissinotto, porte-parole de l'Office fédéral suisse de l'aviation civile (OFAC). Les inspections des deux avions de la compagnie ont révélé de «graves dysfonctionnements», tels que des cartes de navigation périmées, des équipements de sécurité dépassés ou un système de calcul du niveau de kérosène ne correspondant pas aux normes internationales, a expliqué Célestine Perissinotto.

Les raisons qui ont empêché les appareils de Flash Airlines d'atterrir en Suisse ou de décoller depuis la Suisse ne sont donc pas d'ordre financier, comme l'affirme le directeur de la compagnie mais bel et bien technique. La compagnie aérienne a été informée par écrit de l'interdiction générale décidée par l'OFAC le 16 octobre 2002. Le directeur du programme d'inspection de l'aviation civile européenne a reçu la nouvelle par courriel le jour même. Le rapport d'inspection de l'OFAC a ensuite été diffusé sur une banque de données européenne. Les autorités aériennes égyptiennes ont quant à elles été informées le 22 octobre.

Toutefois, dans une lettre adressée lundi par le chef du département fédéral suisse des Transports, Moritz Leuenberger, à son homologue français Gilles de Robien, les autorités helvétiques soulignent que cette interdiction d'atterrissage et de survol de la Suisse fait suite à des «inspections ponctuelles» et ne constitue «en aucun cas une appréciation générale de l'état de sécurité des avions de la compagnie Flash Airlines». «Les autorités suisses n'ont pas à se prononcer sur ces questions, ni sur les causes du tragique accident survenu le 3 janvier», ajoute le ministre suisse dans cette lettre rendue publique dans la soirée par les services de M. de Robien à Paris. «Mes services ne manqueront pas de fournir dans les meilleurs délais des informations détaillées à vos services sur lesdites inspections et interdictions prononcées.»

Les inspections réalisées sur le premier appareil de Flash Airlines le 27 avril 2002 et sur le second le 11 octobre de la même année n'ont a priori aucun rapport avec la chute d'un Boeing 737 en mer Rouge samedi, a précisé la porte-parole de l'OFAC. Les enquêtes en cours devront se prononcer sur les causes de cet accident qui a coûté la vie à ses 148 occupants, en majorité français. Un Boeing 737 de la compagnie égyptienne Flash Airlines avait dû atterrir à Genève en janvier 2003, alors que la Suisse avait déjà interdit le survol de son espace aérien. L'appareil, qui effectuait une liaison entre Rome et Paris, avait invoqué de mauvaises conditions météorologiques. L'avion n'était pas en danger mais il ne pouvait se poser en France où les aéroports étaient pratiquement tous fermés ou surchargés, en raison d'importantes chutes de neige, a précisé lundi à l'AP Philippe Roy, porte-parole de l'aéroport international de Genève. Une autorisation d'atterrir lui a donc été délivrée dans l'après-midi du 4 janvier 2003 par l'OFAC. Il est reparti le lendemain matin pour Paris.

Chaque année, les inspecteurs de l'OFAC contrôlent quelque 160 avions étrangers. Actuellement, 23 appareils sont interdits de survol du territoire helvétique. Pour des raisons de confidentialité, les noms des compagnies aériennes concernées ne sont pas diffusés. Seuls les gouvernements des pays concernés ont la compétence pour intervenir, selon Célestine Perissinotto.


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