L'interdiction de survol
du territoire suisse faite en octobre 2002 à Flash Airlines était
due à de graves dysfonctionnements constatés sur les deux
appareils de la compagnie de vols charters. «Flash Airlines présentait
un danger pour la sécurité aérienne», a déclaré
Célestine Perissinotto, porte-parole de l'Office fédéral
suisse de l'aviation civile (OFAC). Les inspections des deux avions de
la compagnie ont révélé de «graves dysfonctionnements»,
tels que des cartes de navigation périmées, des équipements
de sécurité dépassés ou un système
de calcul du niveau de kérosène ne correspondant pas aux
normes internationales, a expliqué Célestine Perissinotto.
Les raisons qui ont empêché les appareils de Flash Airlines
d'atterrir en Suisse ou de décoller depuis la Suisse ne sont donc
pas d'ordre financier, comme l'affirme le directeur de la compagnie mais
bel et bien technique. La compagnie aérienne a été
informée par écrit de l'interdiction générale
décidée par l'OFAC le 16 octobre 2002. Le directeur du programme
d'inspection de l'aviation civile européenne a reçu la nouvelle
par courriel le jour même. Le rapport d'inspection de l'OFAC a ensuite
été diffusé sur une banque de données européenne.
Les autorités aériennes égyptiennes ont quant à
elles été informées le 22 octobre.
Toutefois, dans une lettre adressée lundi par le chef du département
fédéral suisse des Transports, Moritz Leuenberger, à
son homologue français Gilles de Robien, les autorités helvétiques
soulignent que cette interdiction d'atterrissage et de survol de la Suisse
fait suite à des «inspections ponctuelles» et ne constitue
«en aucun cas une appréciation générale de
l'état de sécurité des avions de la compagnie Flash
Airlines». «Les autorités suisses n'ont pas à
se prononcer sur ces questions, ni sur les causes du tragique accident
survenu le 3 janvier», ajoute le ministre suisse dans cette lettre
rendue publique dans la soirée par les services de M. de Robien
à Paris. «Mes services ne manqueront pas de fournir dans
les meilleurs délais des informations détaillées
à vos services sur lesdites inspections et interdictions prononcées.»
Les inspections réalisées sur le premier appareil de Flash
Airlines le 27 avril 2002 et sur le second le 11 octobre de la même
année n'ont a priori aucun rapport avec la chute d'un Boeing 737
en mer Rouge samedi, a précisé la porte-parole de l'OFAC.
Les enquêtes en cours devront se prononcer sur les causes de cet
accident qui a coûté la vie à ses 148 occupants, en
majorité français. Un Boeing 737 de la compagnie égyptienne
Flash Airlines avait dû atterrir à Genève en janvier
2003, alors que la Suisse avait déjà interdit le survol
de son espace aérien. L'appareil, qui effectuait une liaison entre
Rome et Paris, avait invoqué de mauvaises conditions météorologiques.
L'avion n'était pas en danger mais il ne pouvait se poser en France
où les aéroports étaient pratiquement tous fermés
ou surchargés, en raison d'importantes chutes de neige, a précisé
lundi à l'AP Philippe Roy, porte-parole de l'aéroport international
de Genève. Une autorisation d'atterrir lui a donc été
délivrée dans l'après-midi du 4 janvier 2003 par
l'OFAC. Il est reparti le lendemain matin pour Paris.
Chaque année, les inspecteurs de l'OFAC contrôlent quelque
160 avions étrangers. Actuellement, 23 appareils sont interdits
de survol du territoire helvétique. Pour des raisons de confidentialité,
les noms des compagnies aériennes concernées ne sont pas
diffusés. Seuls les gouvernements des pays concernés ont
la compétence pour intervenir, selon Célestine Perissinotto.
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