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par André Désiront -
Ils
étaient une soixantaine, propriétaires et conseillers,
venus assister au congrès du réseau Voyages
En Direct, qui s’est tenu à l’auberge Far
Hills de Val Morin, les 4 et 5 octobre derniers. « Un
congrès de formation! », explique Richard Villeneuve,
directeur général du réseau. «
Nous avions demandé aux représentants de huit
grossistes de venir faire une présentation, non pas
traditionnelle, mais articulée autour de thèmes
: les vacances en familles, leurs meilleurs rapports qualité/prix,
le golf, les spas, les lunes de miel, les clubs pour adultes
seulement... et quelques autres. » La consultante Lita
Saint-Laurent a traité de « l’approche
marketing par téléphone ». C’était
pour le réseau une occasion de consolider les liens
entre les membres avant de lancer une offensive de recrutement.
Express
Voyages : Vous vous préparez à lancer une campagne
de recrutement. Combien d’agences comptez-vous dans
vos rangs, actuellement, et combien en voulez-vous de plus?
Richard
Villeneuve : Nous avons 30 agences affiliées, qui réalisent
un chiffre d’affaires global d’environ 30 millions
$. Notre profil en est un d’agences « Sud ».
Certains de nos membres vendent beaucoup d’Europe, mais
le réseau réalise la plus grosse partie de son
chiffre d’affaires sur les destinations soleil. Nous
compterons quatre agences supplémentaires le 1er novembre
et nous voulons en recruter entre 10 et 15 de plus au cours
des prochains mois. Mon associé, Didier Montrevel,
et moi estimons que la masse critique idéale se situe
autour d’une cinquantaine de points de ventes. Et cela,
sous une seule bannière. Il n’est pas question,
pour nous, de lancer une sous-marque ou une bannière
supplémentaire comme font certains réseaux.
EV : Qu’avez-vous
à offrir à des détaillants en quête
d’une bannière?
RV : Un
pouvoir d’achat, essentiellement! Nous entretenons d’excellents
rapports avec tous les fournisseurs, y compris les membres
du groupe Transat, parce que nous sommes là depuis
longtemps. Nous sommes nés dans le sillage des Stand
Buy et autres centrales de liquidation et nous agissions comme
liquidateurs pour plusieurs grossistes, bien avant l’apparition
de D-7, par exemple. Nous bénéficions des plus
hauts taux de commissions chez tous nos fournisseurs et, comme
liquidateurs, notre barème de commissions est plus
intéressant que les 8% traditionnellement alloués
sur les forfaits vendus à la dernière minute.
Nous avons contracté une entente avec Sabre, qui permet
à nos membres de ne pas se soucier d’un plancher
minimum de segments, par exemple. Nous émettons les
billets d’avion pour nos membres, dans le cadre d’une
entente spéciale avec Skylink et nous avons également
conclu un accord avec SIREV/REVNET, qui permet à nos
membres de se servir gratuitement de ce système.
EV : Imposez-vous
à vos membres l’obligation d’arborer l’image
de marque?
RV : Absolument
pas. Nous leur demandons d’apposer le terme «
En Direct » à leur raison sociale, mais pas de
changer d’incorporation et de cartes de visites, ou
encore d’uniformiser leur papeterie. Nous sommes un
regroupement axé sur les achats et les avantages financiers,
pas sur la bannière.
EV : Quelles
redevances exigez-vous?
RV
: Cela varie entre 250 $ et 500 $ par mois, selon la taille
de l’agence et la localisation géographique.
Il y a des régions où une agence ne peut atteindre
le même volume de ventes que dans certains quartiers
de Montréal. Nous en sommes conscients et nous en tenons
compte. Nous percevons également des redevances des
T.O., mais elles sont complètement réinvesties
dans les campagnes publicitaires. Nous sommes présents
deux fois par semaine dans les grands médias et nous
dépensons, annuellement, plus de 150 000 $ en publicité.
EV : Vous
vous définissez, au moins en partie, comme un réseau
de « liquidation ». Pour quel pourcentage de vos
revenus les activités de liquidation interviennent-elles?
RV : Nous
réalisons entre 15% et 20% de notre chiffre d’affaires
comme liquidateurs proprement dits, c’est-à-dire
dans le cadre d’ententes particulières conclues
avec certains grossistes. Maintenant, si vous me demandez
quelle proportion de nos ventes porte sur des forfaits avec
tarifs en « 8 », la proportion s’élève
au moins à 60%. Les réservations de dernière
minute font maintenant partie du quotidien de toutes les agences,
les nôtres comme les autres.
EV
: Vous êtes un réseau relativement petit. Estimez-vous
qu’il reste une place pour un réseau comme le
vôtre, coincé entre les grands groupes qui essaient
tous de se constituer une force de vente au détail?
RV
: Bien sûr! Plusieurs T.O. ont tâté de
la vente en direct, que ce soit tout à fait directement
ou via leur propre réseau. Et cela n’a jamais
fonctionné et, dans le cas de certains T.O. qui exploitent
parallèlement une chaîne de détail, cela
les embarrasse souvent davantage que cela ne leur sert. Tous
les grossistes ont besoin de l’ensemble du réseau
des agents de voyages, ou tout au moins d’une bonne
partie de cet ensemble, pour écouler leurs inventaires.
Quant à Internet, sauf en ce qui concerne les vols
réguliers, aucune expérience n’a été
concluante, jusqu’ici. Le réseau de distribution
traditionnel reste encore le meilleur outil de distribution.