magazine voyage

9 janvier 2004

Carole Bouquet à la tête d'un groupe de travail sur le tourisme sexuel

Le ministre délégué à la Famille Christian Jacob et le secrétaire d'Etat au Tourisme Léon Bertrand ont confié mardi soir à l'actrice Carole Bouquet la présidence d'un groupe de travail sur le tourisme sexuel, chargé de faire des propositions concrètes pour lutter contre ce «fléau», «honte de l'Occident».

Lors de l'installation de ce groupe de travail en présence des deux ministres, Carole Bouquet a comparé le tourisme sexuel impliquant des enfants à une forme d'esclavage moderne. «L'esclavagisme a été aboli depuis longtemps, donc il n'y a pas de raisons qu'on recommence ailleurs. C'est d'un racisme phénoménal que de se transporter ailleurs pour aller 'tirer un coup'. C'est quand même immensément choquant», a lancé l'actrice.

Le groupe de travail, qui sera composé de l'ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre le tourisme sexuel, devra remettre le 4 mars prochain un premier rapport contenant des «propositions très concrètes», selon la lettre de mission confiée par les ministres. «Il va falloir donner des réponses pratiques car les bons sentiments ne vont pas suffire», a confirmé l'actrice.

L'un des axes principaux de ce groupe de travail sera de sensibiliser le grand public à «la sévérité des peines encourues au regard de la loi française», mais aussi aux ravages provoqués par cette pratique sur les enfants victimes. «Quand les faits ont cessé, le traumatisme, lui, n'a pas cessé», a souligné M. Jacob lors de cette conférence de presse commune au secrétariat d'Etat au Tourisme.

Selon le ministre délégué à la Famille, les futures campagnes de sensibilisation devront être «plus imaginatives» et ne pas hésiter à avoir recours à «des images ou des mots choc». M.Jacob a précisé que ce groupe de travail ne concernait que le tourisme sexuel impliquant des enfants.

L'objectif de cette initiative est de «dire le refus de chacun d'entre nous que soient associés deux termes aux antipodes l'un de l'autre: 'tourisme sexuel'», a déclaré pour sa part M.Bertrand.«Le tourisme, ce n'est pas cela. L'enfant n'est ni une marchandise, ni une curiosité locale.»

Carole Bouquet a dénoncé avec force les pratiques de ces touristes, hors de tout soupçon dans leur pays d'origine, mais qui se transforment en pédophiles en quête de «chair fraîche» une fois à l'étranger. «Il y a des gens qui ne sont pas pédophiles chez eux et, tout d'un coup, quand ils sont à l'étranger, ils ont un comportement qui change», a-t-elle déploré.

Et de s'emporter contre un discours qui voudrait faire croire que les enfants victimes du tourisme sexuel en Asie, Amérique latine, Afrique ou Europe orientale seraient plus responsables de leur sexualité, plus matures, que ceux des pays occidentaux. «C'est la honte de l'Occident. On entend des conneries du genre: ils sont plus précoces», a lancé l'actrice. Avant de clamer haut et fort: »l'enfant d'ailleurs est le même que l'enfant d'ici.»

Carole Bouquet milite depuis de nombreuses années déjà pour le respect des droits de l'enfant au sein de l'association «La Voix de l'Enfant» dont elle est la marraine.


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