Le ministre délégué
à la Famille Christian Jacob et le secrétaire d'Etat au
Tourisme Léon Bertrand ont confié mardi soir à l'actrice
Carole Bouquet la présidence d'un groupe de travail sur le tourisme
sexuel, chargé de faire des propositions concrètes pour
lutter contre ce «fléau», «honte de l'Occident».
Lors de l'installation de ce groupe de travail en présence des
deux ministres, Carole Bouquet a comparé le tourisme sexuel impliquant
des enfants à une forme d'esclavage moderne. «L'esclavagisme
a été aboli depuis longtemps, donc il n'y a pas de raisons
qu'on recommence ailleurs. C'est d'un racisme phénoménal
que de se transporter ailleurs pour aller 'tirer un coup'. C'est quand
même immensément choquant», a lancé l'actrice.
Le groupe de travail, qui sera composé de l'ensemble des acteurs
impliqués dans la lutte contre le tourisme sexuel, devra remettre
le 4 mars prochain un premier rapport contenant des «propositions
très concrètes», selon la lettre de mission confiée
par les ministres. «Il va falloir donner des réponses pratiques
car les bons sentiments ne vont pas suffire», a confirmé
l'actrice.
L'un des axes principaux de ce groupe de travail sera de sensibiliser
le grand public à «la sévérité des peines
encourues au regard de la loi française», mais aussi aux
ravages provoqués par cette pratique sur les enfants victimes.
«Quand les faits ont cessé, le traumatisme, lui, n'a pas
cessé», a souligné M. Jacob lors de cette conférence
de presse commune au secrétariat d'Etat au Tourisme.
Selon le ministre délégué à la Famille, les
futures campagnes de sensibilisation devront être «plus imaginatives»
et ne pas hésiter à avoir recours à «des images
ou des mots choc». M.Jacob a précisé que ce groupe
de travail ne concernait que le tourisme sexuel impliquant des enfants.
L'objectif de cette initiative est de «dire le refus de chacun d'entre
nous que soient associés deux termes aux antipodes l'un de l'autre:
'tourisme sexuel'», a déclaré pour sa part M.Bertrand.«Le
tourisme, ce n'est pas cela. L'enfant n'est ni une marchandise, ni une
curiosité locale.»
Carole Bouquet a dénoncé avec force les pratiques de ces
touristes, hors de tout soupçon dans leur pays d'origine, mais
qui se transforment en pédophiles en quête de «chair
fraîche» une fois à l'étranger. «Il y
a des gens qui ne sont pas pédophiles chez eux et, tout d'un coup,
quand ils sont à l'étranger, ils ont un comportement qui
change», a-t-elle déploré.
Et de s'emporter contre un discours qui voudrait faire croire que les
enfants victimes du tourisme sexuel en Asie, Amérique latine, Afrique
ou Europe orientale seraient plus responsables de leur sexualité,
plus matures, que ceux des pays occidentaux. «C'est la honte de
l'Occident. On entend des conneries du genre: ils sont plus précoces»,
a lancé l'actrice. Avant de clamer haut et fort: »l'enfant
d'ailleurs est le même que l'enfant d'ici.»
Carole Bouquet milite depuis de nombreuses années déjà
pour le respect des droits de l'enfant au sein de l'association «La
Voix de l'Enfant» dont elle est la marraine.
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