-André Désiront -
Le
Parlement européen vient d’adopter une nouvelle réglementation
qui contraindra les compagnies aériennes à accorder de généreuses
indemnités aux passagers qui se font refuser l’accès à bord d’un
avion pour cause de survente ou, dans le jargon de l’industrie,
d’«overbooking». Les transporteurs actifs sur le territoire européen
devront verser des compensations variant de 200 à 600 euros (300
$ à 1000 $Can) aux voyageurs dont ils ne pourront honorer les
réservations, en plus d’être contraints de les acheminer sur le
prochain vol disponible. Au Canada, la Commissaire aux plaintes,
Liette Lacroix-Kenniff, remarque qu’une loi circonscrit déjà les
compensations devant être accordées. Elles équivalent à la moitié
du coût du billet, jusqu’à concurrence de 500 $. La Commissaire
n’a pas l’intention de proposer un amendement pour les faire hausser
au même niveau qu’en Europe. «Il faut comprendre que la survente
est un mal nécessaire et que les cas où des passagers se voient
refuser l’accès à bord sont extrêmement rares », observe Liette
Lacroix-Kenniff.
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La Commissaire aux plaintes, Mme Liette Lacroix-Kenniff |
« Souvent, les transporteurs vont vendre un nombre de sièges excédant
de 20% à 25% la capacité disponible à bord de l’appareil. Mais les
projections statistiques sont tellement précises que les cas de
refus d’embarquement sont très rares : un passager sur 5000, environ.
Les dommages sont donc négligeables, parce que si le gouvernement
légiférait pour interdire la survente, les compagnies aériennes
seraient obligées d’éliminer la possibilité d’acheter des billets
remboursables. Finalement, ce sont les consommateurs qui en pâtiraient.»
En Europe, il semble que les dérapages sont plus fréquents, puisque,
selon la Commission européenne chargée du transport et de l’énergie,
environ 250 000 passagers sont victimes d’«overbooking» chaque année.
Le Parlement européen avait déjà adopté un texte définissant les
obligations des transporteurs et les montants des compensations,
en 1991.
Entre autres amendements adoptés le 3 juillet dernier, on note
que la réglementation, qui jusqu’ici ne s’appliquait qu’aux vols
réguliers, sera étendue aux vols charters, y compris ceux affrétés
par des voyagistes, qui représentent la moitié des mouvements
d’aéronefs sur le continent. En outre, les clients auront le droit
d’être acheminés à destination par le premier vol disponible,
quel que soit le transporteur, ou d’être remboursés intégralement.
Chez
nous, la Commissaire aux plaintes avait été beaucoup plus sévère
en ce qui concerne les retards. Dans son rapport sur les incidents
survenus pendant le second semestre de 2002, elles avait notamment
recommandé que la Chambre des Communes adopte une loi obligeant
les transporteurs à rembourser « une partie « considérable » du
billet qu’ils ont payés », aux passagers victimes d’un retard
de huit heures et plus. Cela, en plus d’offrir les repas et, pendant
la nuit, l’hébergement aux voyageurs lésés et, surtout, de les
tenir ponctuellement au courant des raisons du retard et de l’état
des correctifs apportés. Autrement dit : de répondre à la question
«Que se passe-t-il?».
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