- André Désiront -
Les
États-Unis, qui accueillaient 9,4% de tous les touristes internationaux
en 1992, n’en recevaient plus que 5,9% l’an dernier. Le nombre
de touristes étrangers, qui s’élevait à 51 millions en 2000, avait
baissé à 42 millions, en 2002. La situation préoccupe les membres
de la Travel Industry Association (TIA), qui demandent au Congrès
américain d’assouplir les mesures de contrôle destinées à filtrer
les terroristes et autres indésirables. Ces mesures, imposées
par le nouveau Département de la Sécurité intérieure, imposent
notamment l’obligation aux ressortissants de pays exemptés de
visas (soit essentiellement ceux de la Communauté européenne,
plus les Australiens, les Japonais et quelques autres) de détenir
un passeport lisible à la machine (grâce à un système de codes
barres), à partir d’octobre 2003. Si les passeports britanniques
ou japonais sont lisibles à la machine, ceux des Français, des
Italiens ou des Espagnols, par exemple, ne le sont pas. Résultat
: ceux-ci devront obtenir un visa. Or, au nombre des nouvelles
mesures de contrôle, figure l’obligation pour les demandeurs de
visas de se soumettre à une interview menée par un officier consulaire.
La TIA prévoit que les consulats américains seront débordés et
que beaucoup de touristes potentiels se décourageront. Déjà l’an
dernier, on enregistrait une baisse de 16% des touristes français,
de 9% des Allemands, de 11% des Japonais, de 18% des Suisses,
de 21% des Autrichiens... Même les Britanniques se font moins
nombreux : ils étaient 300 000 de moins à visiter les États-Unis,
l’an dernier, ce qui représentait une baisse de 7%. La TIA note,
notamment, que les Français, qui sont habituellement nombreux
à visiter New York, Los Angeles et la Floride, se détournent vers
l’Égypte, la Thailande et la Tunisie. L’organisme estime que,
au cours des dix dernières années, les pertes de parts du marché
international ont coûté 41 milliards $ à l’industrie touristique
américaine qui emploie 11 millions de travailleurs. Quant aux
Canadiens, selon le département américain du Commerce, ils n’ont
été que 12,9 millions à franchir la frontière, l’an dernier, en
baisse de 4% sur 2001 (et le nombre des arrivées par avion a chuté
de 11%, passant de 4,6 à 4,1 millions de passagers). Jusqu’ici,
ce sont les effets conjugués du taux de change et de la menace
diffuse d’attentats qui jouaient. Mais les longues files d’attentes
qui s’étirent devant certains postes frontières seront certainement
un nouveau facteur dissuasif. |