magazine voyage


11 décembre 2003


ENTREVUES EXCLUSIVES AVEC
LES GAGNANTS DES TROPHÉES ATLAS

(NDLR : Ce reportage est le fruit d'un travail d'équipe dont les participants méritent ici une mention. Il s'agit de : Dominique Forget, photographe, Véronique Couzinou, journaliste collaboratrice, André Désiront, rédacteur en chef et Steve Raut, directeur médias)

LE GALA DE L'APAV 2003, SOUS LE SIGNE DE LA REPRISE
- par Véronique Couzinou -
Maracas, danseurs et musiciens cubains, oiseau-de-paradis sur les tables... le soleil, de Cuba et d'ailleurs, était bien présent hier soir au Métropolis de Montréal pour le gala de l'APAV, y compris dans le coeur des quelque 500 professionnels du voyage présents. «L'année 2003 a-t-elle été forte en émotions?», a lancé Eric Lussier, le président de l'Association Professionnelle des Agents de Voyage. Plus un constat qu'une question, bien sûr! «Depuis le mois de juillet, les voyageurs sont plus nombreux et réservent plus tôt; les agents sont débordés, enfin!», a-t-il noté avec humour. Le 24e gala était donc bien placé sous le signe de la reprise. «Avec un chiffre d'affaires de 2,3 milliards de dollars par an et plus de 4000 emplois au Québec, les agents de voyage constituent une force sur laquelle on devra compter à l'avenir», concluait Eric Lussier.
À lire: les entrevues des 6 gagnants dans chaque catégorie, et de Normand Fortier, co-fondateur en 1979 avec son épouse du collège April-Fortier; ce dernier a reçu hier soir le prix Distinction.

Les animateurs du gala Josée Kaigle et Eric Bilodeau ont animé le gala de façon remarquable. Nous avons même pu découvrir des talents cachés pour le chant !

Normand Fortier
Directeur Général du Collège April-Fortier

Le prix Distinction, attribué à la personnalité de l’année 2003, a été remis à Normand Fortier et Gisèle April, fondateurs du Collège April-Fortier
- par Véronique Couzinou -

Très agréablement surpris d'être la personnalité de l'année, «parce que nous ne sommes jamais dans aucune catégorie», Normand Fortier a répondu à nos questions. Au-delà des récompenses, il sait qu’il y a encore bien du travail à faire dans l’industrie pour combler la pénurie de main d’oeuvre qui s’aggrave, tandis que le secteur du voyage, lui, se remet doucement mais sûrement de la récession.

ExpressVoyage.ca : Comment faire pour attirer les jeunes vers les métiers du voyage?

Normand Fortier : Nous manquons d’étudiants, l’industrie manque de personnel qualifié, c’est un fait. Les élèves, ce n’est pas difficile de les motiver quand ils sont là. Ils savent que l’offre d’emploi qui s’ouvre à eux à leur sortie du Collège est très importante. Par contre, le plus dur est de les recruter car l’image que l’on donne du secteur du voyage est encore négative. On ne parle que des problèmes d’Air Canada, mais on ne parle jamais de ceux qui vont bien, on ne dit pas assez non plus que les Canadiens ont recommencé à voyager.

EV.ca : Quels sont vos atouts chez April-Fortier?

NF : Nous suivons les besoins de l’industrie, nous évoluons avec elle. Par exemple, nous proposons un nouveau cours sur les destinations en émergence pour que les futurs professionnels sachent bien vendre l’Amérique du Sud ou l’Asie, des continents de plus en plus en demande par les baby-boomers qui connaissent par coeur les traditionnelles destinations soleil et veulent aller ailleurs. Nous sommes également la seule école en Amérique du Nord à pouvoir travailler en direct avec Sabre et Apollo.

EV.ca : Vous allez même plus loin en jouant les «chasseurs de tête» avec prime à la clé...

NF :Si j’avais su que je gagnerais un prix au gala de l’APAV, je me serais préparé et j’aurais profité de la tribune pour en parler! Oui, April-Fortier offre 300$ aux agents de voyages qui vont nous référer un étudiant pour qu’il s’inscrive chez nous. On ne peut pas y couper: demain, l’industrie va se réveiller au coeur d’une crise très grave parce qu’elle manquera cruellement de personnel qualifié. Il est temps de faire bouger les choses et pour cela, il faudrait mettre le gouvernement au courant...

EV.ca : Que voulez-vous dire?

NF : Je crois que c’est au rôle de l’APAV, de concert avec tous les membres de l’industrie, de faire en sorte de sensibiliser Emploi Québec à ce problème. Ils ont des statistiques sur le tourisme, mais aucune sur le voyage. Ils savent exactement l’impact qu’a eu le SRAS sur le tourisme mais ne savent pas qu’on manque de professionnels du voyage. Il est grand temps de le leur apprendre.

Normand Fortier est bien impliqué en formation. Directeur Général du Collège April-Fortier, il est également membre du conseil d'administration de Canal, un consortium sur la téléformation, à l'origine de la chaîne thématique Canal Savoir. Il est aussi membre du Skal de Montréal, organisme regroupant de nombreux professionnels du tourisme oeuvrant pour la promotion de l'amitié dans le tourisme, partout sur la planète.


Dans la catégorie « Conseiller - agence de 8 employé(e)s et moins », c'est Sylvie Durand de l'agence Voyages Évasion à Joliette à su se démarquer aux yeux des juges. Express Voyage.ca vous présente une entrevue exclusive avec la gagnante.
-par André Désiront-

Sylvie Durand est devenu agent de voyages en 1985. Une de ses amies qui travaillait chez Voyages Évasion l’a invitée à la rejoindre dans cette agence, parce qu’elle trouvait que Sylvie avait un sens inné des relations publiques. « Je doutais avoir les talents requis pour devenir conseillère en voyages », dit-elle. « Mais je me suis laissée persuadé d’autant plus facilement que j’étais fascinée par ce domaine. » Près de 20 ans plus tard, elle est devenue une référence dans la profession.

ExpressVoyage.ca : Qu’est-ce qu’un bon conseiller en voyages?

Sylvie Durand : Nous faisons face à de plus en plus de clients qui nous demandent de leur consentir des rabais, parce qu’une agence concurrente leur propose une réduction de 50 $, voire davantage. Un bon agent de voyages, c’est quelqu’un qui parvient à persuader ce client qu’il a tout intérêt à acheter chez vous, même si vous ne lui accordez pas de rabais. C’est quelqu’un qui a su établir un lien de confiance assez fort pour que le client soit convaincu que, même s’il doit débourser un peu plus d’argent, il sera mieux servi par vous. Et quand le client est bien servi, il vous reste fidèle. Je suis une farouche partisane des frais de service ou des frais de consultation. Les consommateurs n’hésitent pas à payer les services d’une décoratrice, par exemple. Pourquoi refuseraient-ils de payer ceux d’une conseillère en voyages. D’autre part, j’estime que cela devient de plus en plus difficile d’exercer ce métier, car il nous faut apprivoiser chaque année des technologies de plus en plus sophistiquées. Et la concurrence est de plus en plus vive.

EV.ca : Quel volume de ventes annuel traitez-vous?

SD : Cela peut sembler inusité, mais en près de 15 ans de carrière, je ne me suis jamais préoccupée de cela. Je ne l’ai jamais demandé.

EV.ca : Quelle est votre destination préférée?

SD : J’aime voyager, donc j’aime un très grand nombre de destinations. Mais j’ai particulièrement apprécié deux voyages que j’ai fait ces dernières années. Dans un cas, il s’agissait d’un safari en Afrique du Sud et, dans l’autre, d’un voyage en Argentine. Je me souviens d’un matin où je me suis levée tôt, à Iguaçu. Je suis allée me promener en bas des chutes et j’ai trouvé que l’homme était bien petit, face à la nature. C’est une sensation que je n’oublierai jamais.


Dans la catégorie «Conseiller - agence de 9 employé(e)s et plus», Gena Ray de l'agence Foreman-Ideal à Montréal a remporté la palme dans sa catégorie. Express Voyage.ca vous présente une entrevue exclusive avec la gagnante.
-par Véronique Couzinou-

Gena travaille comme gérante en loisirs chez Foreman-Ideal depuis août 1997. Elle a déjà été récompensée d'un trophée Atlas en 2000.

ExpressVoyage.ca : Présentez-nous votre entreprise...

Gena Ray : Foreman-Ideal est une agence qui travaille avec toutes les clientèles, corporative, groupes, incentive, individuelle. Personnellement, je m'occupe davantage de voyageurs individuels, notamment des vacances de la clientèle d'affaires que nous avons.

EV.ca : Quelle est selon-vous la principale difficulté de votre métier aujourd'hui?

GR : La plus gros problème que j'aie eu à gérer dans l'année qui s'est écoulée est sans doute les craintes des clients par rapport à la guerre en Irak, un peu comme tout le monde. Et la crise du SRAS également.

EV.ca : Pour être plus optimiste, quel est votre plus grand plaisir dans ce métier?

GR : Eh bien d'avoir été capable de dissiper ces craintes! Il faut encourager les gens à voyager et ce n'est pas forcément désagréable. Peut-être que leur croisière en Méditerranée deviendra finalement une croisière en Alaska mais j'aurais fait en sorte qu'ils passent de bonnes vacances. Ils seront satisfaits, moi aussi, et c'est donc une situation gagnante pour tous.

EV.ca : Quelles qualités faut-il avoir pour être un bon conseiller en voyages?

GR : Une grande capacité d'écoute des besoins et désirs des clients, bien sûr. Il faut leur faire sentir qu'ils sont uniques, qu'on prend à coeur leurs souhaits comme s'ils étaient nos seuls clients. Souriez quand ils viennent vous voir, soyez chaleureux, montrez-leur combien vous appréciez les aider à organiser leurs projets de voyage, de lune de miel, de vacances en famille... Si vous faites tout ça, vous êtes sûr d'éliminer une bonne partie des compétiteurs. Comme nous vendons tous à peu près les mêmes produits, c'est comment nous les vendons qui fait la différence et le prix ne devient pas alors une obsession, comme internet ne devient pas un concurrent féroce parce qu'il n'y aura jamais derrière l'écran le sourire ni les conseils personnalisés que vous pourrez donner à un client.

EV.ca : Quelles destinations semblent en vogue actuellement?

GR : L'Australie devient très en vogue, comme l'Afrique du Sud mais il faut avoir un peu plus de temps qu'une semaine pour aller vers ces destinations. Pour l'hiver, les destinations toujours très populaires restent Cuba, la République Dominicaine et les Caraïbes en général, notamment les croisières. L'été, l'Europe a la cote, les croisières y sont de plus en plus prisées, comme celles en Alaska. Et pour un court séjour, Las Vegas plaît toujours beaucoup.

EV.ca : Et vous, quelle est votre destination favorite?

GR : C'est une question difficile! Cela dépend du moment de l'année. L'hiver, j'aime les Caraïbes, le Mexique ou faire une croisière. L'été, j'apprécie voyager en Europe, découvrir la culture, les gens, les paysages du Vieux-Continent. Cela dit, je pars bientôt au Brésil alors reposez-moi la question dans quelque temps et je répondrai peut-être le Brésil! Mais j'aime avant tout voyager, c'est cela ma vraie passion.


Dans la catégorie « Agence de 8 employé(e)s et moins», c'est l'agence Voyages Dumoulin de Laval qui a su se démarquer aux yeux des juges. Express Voyage.ca vous présente une entrevue exclusive avec un des propriétaires de l'agence gagnante: Jean Colette.
-par André Désiront-

Jean Colette a racheté Voyages Dumoulin en octobre 2002. L’agence, qui compte deux points de ventes, emploie huit personnes. Nous avons demandé à son propriétaire ce qu’était une bonne agence.

ExpressVoyage.ca : Qu’est-ce qu’une bonne agence, dans le contexte actuel?

Jean Colette : En 2003, une bonne agence est, essentiellement, une entreprise qui s’adapte rapidement à tous les changements. La clientèle est devenue imprévisible. Le consommateur, qui vous a acheté un voyage de 15 000 $ l’été précédent, pour vous demander un forfait au plus bas coût possible, l’hiver suivant. Il est de plus en plus informé et il sait qu’il a le choix entre plusieurs canaux de distribution. D’ailleurs, il pourra acheter tantôt en direct, tantôt sur Internet et tantôt auprès d’un agent de voyages, selon son humeur ou selon le type de prestations dont il a besoin. Les agents de voyages sont obligés de travailler de façon plus efficace. Avant, on appelait chez un fournisseur et on disait : « Voilà, j’ai tel produit et il coûte tant! ». Aujourd’hui, il faut appeler chez six fournisseurs, au moins, comparer les produits et les prix. Donc il faut avoir accès à différentes sources et connaître les bonnes adresses.

EV.ca : Cela signifie donc qu’il faut travailler plus fort pour le même résultat?

JC : Pas nécessairement, du moins, pas en termes d’heures. Nous disposons d’outils plus complexes qui nous donnent accès à un éventail de sources d’informations plus large. Les employés doivent maîtriser la technologie et ils doivent devenir des virtuoses de la recherche sur Internet. Il faut encore mieux écouter le client qu’auparavant, car ses besoins changent d’une saison à l’autre. Il est avare de commentaires et s’attend à obtenir une information pertinente et complète instantanément.

EV.ca : Quel est le chiffre d’affaires minimum qu’une agence doit réaliser pour se doter des outils qui lui permettront de fonctionner adéquatement?

JC : Je ne parle plus en termes de chiffre d’affaires. Ce sont les revenus qui sont importants. Quel que soit sa taille, une agence doit poursuivre un objectif financier. Moi je débute l’année avec un objectif de profits précis. Je suis propriétaire depuis un an et cela m’a permis de réaliser que nous travaillons dans des entreprises de services à très faible valeur ajoutée et à très fortes dépenses en salaires. Pendant les crises que nous venons de traverser, de nombreux joueurs ont sabré dans les effectifs pour économiser des salaires et c’est ce qui leur a permis de survivre. Je ne peux pas vraiment répondre à votre question. Tout est affaires de revenus. Une agence qui ne réalise qu’un chiffre d’affaires annuel de 1 million $, mais avec une marge bénéficiaire de 30% sera certainement viable et rentable. Tout est dans le revenu.

EV.ca : Et quel revenu un conseiller doit-il générer pour être rentable pour son entreprise?

JC : Il doit générer deux fois et demi le salaire qu’on lui verse. Un conseiller qui gagne 30 000 $ par an doit donc rapporter 75 000 $ en commissions et frais de services. Je crois, d’ailleurs, que les salaires vont augmenter au cours des prochaines années. Avec les outils de plus en plus performants qui sont mis à notre disposition, les conseillers sont en mesure de travailler plus vite.


Dans cette catégorie « Agence de 9 employé(e)s et plus », c'est l'agence Voyages Laurier du Vallon, à Sainte-Foy qui est repartie avec le trophée Atlas. Express Voyage.ca vous présente une entrevue exclusive avec Nicole Laroche, propriétaire-actionnaire de l'agence gagnante.
-par Véronique Couzinou -

Nicole Laroche est propriétaire-actionnaire et pdg de Voyages Laurier du Vallon qui compte 6 bureaux à Sainte-Foy et dans la région de Québec, ainsi qu’à Montréal. Plus d’une quarantaine d’employé(e)s travaillent pour l’agence.

Express Voyage.ca: Quel est le profil de la société et de votre clientèle?

Nicole Laroche: À vrai dire, nous n’en avons pas vraiment! Je veux dire par là que nous nous vendons autant du voyage commercial, c’est à dire des voyages d’affaire, que des vacances et groupes, moitié/moitié, je dirais. On fait aussi du congrès, du voyage de familiarisation et on vend des vacances à nos clients commerciaux alors on ne peut pas dire que nous sommes plus dans une spécialisation qu’une autre. Certains bureaux sont plus spécialisés, bien sûr, comme celui de Montréal qui fait majoritairement du commercial, mais globalement, nous n’avons pas senti le besoin de choisir un créneau plus qu’un autre. Ni le besoin, ni l’envie, d’ailleurs, car c'est aussi un plaisir de s'intéresser à tous les domaines du voyage.

EV.ca: Avez-vous une clientèle plus exigeante?

NL: Tous les consommateurs sont exigeants, et sincèrement, je ne crois pas qu’il y ait une catégorie de clientèle plus difficile qu’une autre. De toute façon, on se doit de la servir au mieux.

EV.ca: Qu’est-ce qu’une agence doit faire pour fidéliser ses clients et faire la différence?

NL: Toutes les agences vous répondront probablement à peu près la même chose car je ne crois pas qu’il y a un secret de réussite; moi, en tout cas, je n’ai pas de recette miracle! Ce qui fait la différence, c’est le service très personnalisé, le fait que notre personnel est vraiment travaillant, motivé et se serre les coudes. Dans notre cas, les employés sont dans l'entreprise depuis longtemps, ce qui crée une belle dynamique.

EV.ca: La formation du personnel, est-ce important pour vous?

NL: Tout à fait car c’est aussi un des atouts qui fait la différence pour satisfaire le client. On s'occupe beaucoup de notre personnel, on fait souvent des meetings à l’interne pour se tenir à jour et au courant, pour que les employés partagent leurs connaissances et leurs informations. Ils ont à peu près tous fait le tour du monde en fam trip ou lors de leurs vacances personnelles, et c’est une force. Je vous défie de ne pas trouver au moins un conseiller qui ne soit pas allé dans le pays qui vous intéresse!


Dans la catégorie «Fournisseurs de Produits»

Le Groupe Intair à remporté le trophée Atlas 2004

 

 

 

 

Dans la catégorie «Fournisseurs de Services»

L'entreprise gagnante est Tourisme Plus

 


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