magazine voyage

15 janvier 2004

Tunisair se prépare à desservir
la route Montréal/Tunis
- par André Désiront
C’est probablement aux Chinois qu’on devra la mise en place d’une liaison directe entre Montréal et Tunis. Tunisair, la compagnie nationale de Tunisie, se prépare à acquérir (en leasing) deux Boeing 767 pour desservir la Chine, principal marché dit «en émergence» du bassin méditerranéen.
Or, le transporteur aura besoin d’une route complémentaire pour rentabiliser les appareils et il semble que le choix se soit porté sur Montréal. Le service, qui serait assuré deux fois par semaine, débuterait en juillet. La commercialisation de la desserte au Canada ne mettra pas seulement l’accent sur la Tunisie, en tant que destination touristique. Elle insistera sur la commodité de choisir Tunis comme plaque tournante pour Beyrouth et la péninsule arabique, ceci, afin d’attirer une masse critique de clients d’affaires.

Khaled Cheikh, directeur du marketing et des communications de l’Office national tunisien du tourisme (ONTT) 
Comme beaucoup d’autres destinations du bassin méditerranéen, la Tunisie surveille attentivement le marché chinois, où une importante proportion de la population qui s’est enrichie grâce à la libéralisation de l’économie, est avide de voyages. La Russie fournit un exemple édifiant en la matière. En 2003, environ 100 000 Russes – dont une bonne partie est composée par ces «nouveaux riches» de plus en plus présents dans les grandes destinations touristiques – ont visité la Tunisie. «Nous estimons qu’ils seront 500 000 dans cinq ans, soit à peu près autant que les Allemands», remarque Khaled Cheikh, directeur du marketing et des communications de l’Office national tunisien du tourisme (ONTT). En ce qui concerne les Chinois, le gouvernement de Beijing attribue des visas de sortie en fonction d’un système de quotas. Le quota fixé pour la destination «Tunisie» est de 50 000 et en vertu des ententes, Tunisair devrait partager le gâteau avec une compagnie chinoise. Si la liaison Tunis/Montréal est sérieusement envisagée comme route complémentaire pour rentabiliser les deux B-767 qui seront achetés pour desservir Shanghai, Beijing et autres, ce n’est pas tant à cause de la taille du marché québécois : environ 15 000 touristes par an, actuellement. C’est parce qu’il s’agit d’un marché intéressant. En effet, les Canadiens (Québécois en majorité) sont responsables de 180 000 nuitées, soit 12 nuits de séjour en moyenne. À titre de comparaison on notera que les 15 000 touristes américains (eh oui, le même nombre!) séjournent trois fois moins longtemps (3,8 nuits) dans le pays. En plus, la majorité des Canadiens séjournent dans le pays entre novembre et avril, alors que les hôtels travaillent avec des taux d’occupation variant entre 30% et 60%, puisque c’est surtout comme destination de «longs séjours d'hiver» que la Tunisie s’est imposée sur notre marché.

La compagnie aérienne tunisienne avait mené des études portant sur le lancement d’une liaison aérienne entre Tunis et Montréal et le projet était bien avancé lorsque les attentats du 11 septembre ont fait avorter le projet. Vers la même époque, des pourparlers avaient également cours avec Air Transat qui envisageait la mise en place d’une desserte Montréal/Bruxelles/Tunis. Cette liaison aurait pu s’avérer rentable si le transporteur avait obtenu un droit de cinquième liberté entre Bruxelles et Tunis. Là aussi, le 11 septembre a tout remis en question.

La Tunisie accueille annuellement 5 millions de touristes. Deux millions viennent des pays du Maghreb (surtout d’Algérie et de Lybie) et 3 millions d’Europe. Les Français, les Britanniques, les Allemands et les Italiens sont les plus nombreux, mais le tourisme en provenance des pays d’Europe de l’Est a littéralement explosé ces dernières années, avec 100 000 Russes,
80 000 Polonais, 80 000 Tchèques et 59 000 Hongrois.


Pour qu'un journaliste couvre
un événement
CLIQUEZ ICI


www.expressvoyage.ca