15 janvier 2004
| Des groupes américains dénoncent
l'étiquetage des passagers d'avion |
| Les défenseurs américains des droits de la personne contestent l'intention de Washington de mettre sur pied, cet été, une base de données évoquant "Big Brother" sur les passagers des avions, semblable à celle créée par le Canada. Des militants canadiens pour la vie privée qui soulevaient des objections analogues ont cependant réussi à limiter la portée de la base de données antiterroriste au Canada. Le système américain ira plus loin que le système canadien en identifiant chacun des passagers des vols intérieurs et internationaux par un code de couleur selon leur "dangerosité terroriste". Ce code sera déterminé à partir d'informations transmises par les compagnies aériennes et les agences de réservation. Les autorités américaines semblent déterminées à aller de l'avant malgré le tollé suscité dans l'industrie du transport aérien, et ce juste après que les Etats-Unis eurent commencé à prendre les empreintes digitales et à photographier les voyageurs étrangers en provenance des nombreux pays dont les ressortissants doivent avoir un visa pour franchir les frontières américaines. Le nouveau système américain compilera des fichiers contenant les nom, adresse, numéro de téléphone, date de naissance et itinéraire des passagers et les confrontera aux bases de données criminelles et commerciales. Les passagers qui seront dotés d'un code rouge ne pourront monter à bord des vols. Un code jaune indiquera que la personne doit être fouillée et interrogée, et un code vert signifiera d'appliquer la procédure de filtrage habituelle. Barry Steinhardt, de l'Union américaine des libertés civiles, affirme que cette mesure ne permettra pas de déceler les terroristes et risque d'étiqueter injustement les membres de certaines minorités, et des personnes pauvres, sur lesquelles on ne disposera peut-être pas d'autant d'information de nature commerciale, par exemple. Ce ne sera qu'"une illusion de sécurité" à rabais, a-t-il affirmé. Selon les défenseurs américains des droits de la personne, qui reprennent ainsi certaines des craintes exprimées par leurs pairs canadiens, cette information pourrait être utilisée pour débusquer n'importe quel type de criminel présumé, même un père de famille qui n'a pas versé sa pension alimentaire, ou servir à des enquêtes d'autres départements comme les services de l'impôt sur le revenu. |
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