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par André Désiront -
Une
nouvelle destination – Turk & Caicos; un retour
au Venezuela, à Ixtapa, Manzanillo et dans les Antilles
françaises; une Riviera Maya où les complexes
hôteliers deviennent de plus en plus gros, mais qui
gagnent toujours en popularité... à l’occasion
du lancement de la nouvelle brochure d’hiver de Vacances
Air Transat, Express Voyages sur le Web a demandé à
Daniel Godbout, président du grossiste, de brosser
un portrait de ce que sera la prochaine saison d’hiver.
Express
Voyages sur le web : Quelles sont les différences
entre le programme de l’hiver 2003/2004 et celui de
l’an dernier?
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Daniel
Godbout, président Vacances Air Transat |
Daniel
Godbout : Précisons, tout d’abord, que
nous commercialiserons sensiblement la même capacité
: 150 000 sièges, au Québec, entre le 1er novembre
et la fin d’avril. Cela, sur un inventaire total de
450 000 sièges pour l’ensemble du Canada. En
ce qui concerne les destinations, nous lançons une
nouveauté : Turk & Caicos, où nous avons
conclu une entente avec un hôtel qui correspond à
nos critères : le Allegro Turk Caicos. La destination
ne figure pas dans la brochure, mais nous en ferons la promotion.
Pour le reste, nous revenons à Margarita, que nous
avions dû abandonner l’an dernier, à cause
de la crise politique qui sévissait au Venezuela. Nous
revenons également à Ixtapa, à Manzanillo
et dans les Antilles françaises. Nous avions abandonné
ces trois dernières destinations pour des questions
de produits : nous n’y avions pas accès à
un nombre de chambres de qualité en quantité
suffisante. À Ixtapa, nous venons de signer une entente
avec la chaîne Melia, pour qui, incidemment, nous sommes
le plus gros producteur mondial. Elle nous permettra de commercialiser
le seul « cinq étoiles » de la station,
le tout nouveau Melia Azul. À Manzanillo, nous retournons
au Carmina Palace. Nous avions abandonné la destination
parce que nous n’étions pas satisfaits des conditions
qu’ils nous accordaient. Mais ils ont réalisé
qu’ils ne pouvaient pas se passer de la clientèle
canadienne et les choses se sont arrangées. Quant aux
Antilles françaises où, depuis deux ans, nous
n’offrions plus d’hôtel, nous recommençons
à y commercialiser des forfaits, parce que la chaîne
Accor, avec qui nous travaillons de plus en plus en Europe,
nous a garanti un accès à un inventaire suffisant.
EV
: La question des inventaires hôtelier semble être
cruciale!
DG
: Elle l’est! Nous exploitons des vols au départ
de 18 villes canadiennes, soit deux de plus que l’an
dernier, puisque nous volons maintenant au départ de
Kelowna et de Hamilton. Alors cela nous prend au moins un
inventaire de 150 chambres dans une propriété
pour pouvoir satisfaire la demande émanant de ces 18
marchés. Idéalement, un hôtelier doit
pouvoir nous garantir entre 200 et 250 chambres pour que nous
puissions mettre l’accent sur sa propriété
dans nos brochures.
EV
: Et à Québec? Y exploiterez-vous plus de vols
que l’an dernier?
DG
: Un de plus. Nous gardons les mêmes destinations et
nous ajoutons un vol vers Holguin. Ce qui donnera six vols
par semaine, sept, en comptant le vol pour la Floride.
EV
: Pourquoi Holguin? Est-ce vraiment une destinations «
porteuse »?
DG
: Elle est en train de le devenir parce qu’on a construit
des nouvelles propriétés d’excellente
qualité, particulièrement à Guardalavaca.
EV
: Y a-t-il des destinations en perte de vitesse?
DG
: Acapulco. Depuis qu’on a construit l’autoroute
qui relie la station à Mexico, la clientèle
mexicaine afflue. Comme elle est moins difficile, le parc
hôtelier n’est pas rénové, ce qui
déplaît à nos clients. Las Vegas souffre
également, pour d’autres raisons. C’était
un marché de joueurs. Les hôtels louaient leurs
chambres à bon marché pour attirer les joueurs
dans leurs casinos. La ville a essayé de se repositionner
comme destination familiale. Aujourd’hui, les gens y
vont pour les spectacles et « le » spectacle de
la rue et des grands hôtels extravagants qu’on
y a construits. Mais ces nouveaux hôtels, qui ont coûté
cher, sont obligés de louer leurs chambres plus cher,
parce que la nouvelle clientèle flambe moins d’argent
dans leurs casinos. Cela a un effet dissuasif sur la demande.
Et, avec les casinos qui ont poussé comme des champignons
dans toute l’Amérique du Nord, les joueurs ont
d’autres choix que Vegas. La demande pour Hawaii a également
baissé, notamment parce que les tarifs hôteliers
ont grimpé en flèche. Mais cela nous affecte
surtout dans l’Ouest canadien.
EV
: La Riviera Maya restera-t-elle aussi populaire que l’an
dernier?
DG
: Elle le deviendra encore davantage. On y construit d’énormes
complexes hôteliers d’une qualité exceptionnelle.
Ce qui ne nous a pas évité, l’an dernier,
d’avoir à faire face à un manque de chambres
sérieux en février et en mars! L’offre
suit à peine la demande. Ils construisent maintenant
des complexes de 1500, voire 1800 chambres. C’est tellement
gros que nous leur demandons de construire des annexes un
peu en retrait, pour loger nos clients. Ce qui leur évite
de se sentir perdu dans une immense complexe! Nous avons contracté
une entente avec le Bahia Principe Akumal, qui a aménagé
une annexe de 450 chambres pour nous. Nous en occupons 400
et ils revendent le reste à d’autres T.O. Nous
avons fait la même chose avec le Colonial Fiesta. Ils
ont construit deux sections et nous en mobilisons une. Les
consommateurs aiment bénéficier des services
d’un hôtel de 1500 chambres, où ils trouvent,
notamment un bon nombre de restaurants « à la
carte ». Même si les buffets se sont considérablement
améliorés, les gens adorent les restaurants
« à la carte ». En une semaine, ils ne
mangent pas plus de deux soirs au buffet. En même temps,
ils préfèrent l’intimité d’un
plus petit complexe. Nous résolvons cette contradiction
en réservant des sections situées un peu en
retrait.
EV
: Pour en revenir à Québec, ne craignez-vous
pas l’arrivée du nouveau grossiste que se prépare
à lancer le groupe de Michel Mordret?
DG
: La capacité est limitée à Québec,
mais nous y bénéficions d’une bonne réputation.
Nous y avons toujours assuré une forte présence.
Ils tiennent beaucoup à disposer de vols au départ
de leur aéroport et je me suis impliqué personnellement
pour donner l’assurance que nous ne les délaisserions
pas. Nous sommes à l’écoute des gens.
Ils nous demandent d’introduire des nouveautés.
L’an dernier, nous y avons lancé un vol pour
Cancun. Cette année, ce sera Holguin/Guardalavaca.
Ils nous ont demandé d’améliorer nos horaires.
Nous leur donnons des vols pendant la fin de semaine et nous
maintenons la liaison vers Paris, cet hiver. Alors, je ne
vois pas pourquoi nous devrions y craindre plus qu’ailleurs
l’arrivée d’un nouveau concurrent.
EV
: Anticipez-vous une bonne saison?
DG
: Nous sommes très optimistes. Nous traitons déjà
une forte demande pour les groupes, ce qui est un bon signe,
car les groupes ne voyagent que dans un contexte sécuritaire.
Si aucune catastrophe ne nous tombe dessus d’ici le
mois de novembre, nous devrions connaître une excellente
saison. Tous les ingrédients sont réunis. Y
compris les conditions climatiques. Beaucoup de gens qui ont
pris leurs vacances au Québec, cet été,
vont vouloir voir le soleil. Il y a une menace de récession
aux États-Unis, mais si elle se précise, c’est
à plus long terme qu’on en ressentira les effets.
EV
: Le marché de dernière minute prend-t-il trop
d’importance?
DG
: Nous prenons les mesures pour juguler le phénomène,
notamment en sortant des préliminaires pour inciter
les gens à réserver d’avance les bonnes
propriétés. Dans l’Ouest canadien, nous
avons publié, en février dernier, une brochure
préliminaire pour l’hiver prochain. Elle répertoriait
une trentaine de produits clés.
EV
: La tendance au « dernière minute » est-elle
plus accentuée dans l’Ouest?
DG
: Environ 20% des consommateurs y réservent dans un
délai de moins de 14 jours avant le départ.
Ce qui est sensiblement la même proportion qu’au
Québec. En Ontario, le marché de dernière
minute porte sur 35% à 40% de nos ventes. Ce n’est
pas un hasard, si on trouve beaucoup plus de « discounters
» là-bas. Par contre le Québec ressemble
davantage à l’Ontario en ce qui concerne la durée
des séjours. Ici, comme en Ontario, 85% de nos ventes
portent sur des séjours d’une semaine. Dans l’Ouest,
50% des clients achètent un forfait de deux semaines.
EV
: Vous ne songez toujours pas à lancer des forfaits
de trois et quatre jours?
DG
: Le sujet est à la mode, mais chaque tentative que
nous faisons en ce sens échoue. Lorsqu’on leur
demande 899 $ pour un forfait de trois jours, les consommateurs
pensent que nous essayons de les flouer. Mais l’avion
nous coûte au bas mot 600 $, en incluant les taxes!
Le phénomène des courts séjours est populaire
aux États-Unis pour deux bonnes raisons. La première,
c’est qu’il n’existe là-bas aucune
obligation légale pour les employeurs d’accorder
des vacances. La coutume veut qu’on accorde deux semaines,
mais beaucoup de compagnies empêchent leurs cadres ou
leurs employés clés de partir plus de trois
ou quatre jours d’affilée. L’autre raison,
c’est qu’une bonne moitié de la population
américaine habite à une ou deux heures de vol
de certaines destinations soleil. Les gens de Floride n’ont
que 20 minutes de vol pour se rendre aux Bahamas. Cancun n’est
qu’à une heure de vol du Texas, de la Floride,
de la Louisiane et de plusieurs autres États américains.
Cela réduit sensiblement les coûts et la durée
des déplacements. Le concept des forfaits courts n’est
pas adapté à la réalité canadienne,
sauf pour une portion de la clientèle haut de gamme.
L’avocat qui ne dispose que de quatre jours entre deux
procès ne regarde pas trop à la dépense
pour aller refaire le plein d’énergie au soleil.
EV
: La vogue du « tout inclus » se maintiendra-t-elle
à long terme?
DG
: Oui, mais avec des modifications. L’an dernier, nous
avons testé une nouvelle formule avec un hôtel
de Saint-Martin. Dans un des établissements exploités
en « tout inclus », nous avons offert aux clients
de souper trois fois dans différents restaurants de
la ville. Ils avaient également droit à trois
jours de location de voiture. Comme cela a eu du succès,
cette année, nous testons la formule avec deux hôtels.
EV
: Après la fermeture d’Americanada, vous êtes
devenu un gros joueur dans le marché des croisières...
DG
: Le plus gros. Nous employons 26 personnes au centre d’appels
localisé à Montréal et nous représentons
sept compagnies de croisières, dont Carnival, Royal
Caribbean, NCL, Costa, Holland America, Celebrity... Nous
avons des blocs de 75 ou 100 cabines sur certains paquebots.
Notamment sur le Carnival Jubilee et le Costa Classica, tous
deux au départ de La Romana. Nous devrions traiter
45 000 passagers-croisières cet hiver. Et nous allons
progresser au cours des prochaines années. Pour remplir
les cabines, il faut disposer de sièges d’avion.
C’est ce qui fait la force d’un groupe intégré
comme Transat : nous avons la possibilité de choisir
où déployer nos avions.