UNE
SECTION QUÉBÉCOISE POUR
L’ORGANISATION DU TOURISME DES CARAÏBES |
-
par André Désiront -
Ce
n’est pas un hasard si l’Office du tourisme des Caraïbes
(OTC) a mis le paquet pour relancer officiellement une section québécoise,
après six ans d’absence. Les destinations soleil doivent
maintenant faire face à la concurrence des pays asiatiques
et d’autres destinations lointaines qui attirent de plus en
plus de baby boomers. Et les Québécois, qui se cantonnent
surtout au triangle Cuba/République dominicaine/Mexique,
fréquentent peu, voire pas du tout, la plupart des 32 pays
membres de l’organisation. Pour renverser la vapeur, les responsables
de l’OTC envisagent un remède de cheval : la formation.
Anne Brobyn, agent de développement de l’OTC pour le
Canada, et Steve Gillick, président du CITC étaient
venus appuyer les membres du nouveau conseil d’administration
du chapitre québécois de l’OTC. Une quinzaine
de professionnels ont assisté à la première
d’une série de séance de formation à
l’hôtel Nelligan, du Vieux-Montréal, en après-midi.
Fondée
en 1989, l’OTC, qui compte 32 pays membres, a son siège-social
à la Barbade et des bureaux d’opération à
New York, Londres et Toronto. Le Canada, qui comptait quatre chapitres,
en déploie désormais cinq, grâce à
la résurection de la section québécoise.
« Le Québec, qui est notre premier chapitre francophone,
servira de modèle aux autres chapitres que nous sommes
en train de constituer en France et dans d’autres régions
francophones », indiquait Anne Brobyn, agent de développement
de l’OTC pour le Canada. « C’est ici, notamment,
que nous ferons traduire nos documents. »
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De
Gauche à droite: Jill Elmslie, première vice-présidente,
membre du comité de Recrutement et chef de secteur
pour l'Office du tourisme de la Barbade, Ann Brobyn, Market
development Officer, Marie-Claude Bellance, présidente
de la section québécoise de l'OTC et directrice
régionale du Bureau du tourisme de la martinique,
Hariette E.Smith, secrétaire de la section québécoise
de l'OTC et directrice du développement des affaires
pour l'Office du tourisme de la Barbade, Jorge Alvarez,
trésorier de la section québécoise
de l'OTC et directeur du bureau de tourisme de Cuba, Paul
Morissette, CTC, président du comité Éducation
et conseiller professionnel en voyages au groupe Vision
2000 et Lydie Rauzon, deuxième vice-présidente,
membre du comité de Recrutement et directrice du
développement pour My Travel Canada Retail |
Présidé
par Marie-Claude Bellance, directrice du Bureau de tourisme de
la Martinique, le conseil d’administration québécois
est composé de Harriette Smith (Office du tourisme de la
Barbade), Jorge Alvarez (Bureau de tourisme de Cuba), Jill Elmslie
(Office du tourisme de la Barbade), Lydie Rauzon (My Travel Canada
Détail), Paul Morissette (Groupe Vision 2000), Jannet Catheline
(Office du tourisme de la République dominicaine) et Harry
Bissoon (Vacances Sunlink).
Le 26e Congrès annuel de l’organisation, qui aura
lieu aux Îles Vierges américaines, du 13 au 18 octobre,
est placé sous le thème « Reprise et croissance
dans un environnement hautement concurrentiel », ce qui
indique bien que les pays membres sont conscients qu’ils
doivent maintenant faire face à la concurrence des destinations
lointaines.
Pour presque tous les pays membres, le tourisme est la principale
industrie et la première source de revenus. Ainsi, en Barbade,
l’activité touristique génère 20 000
emplois. Comme dans bien d’autres îles assez fréquentées
par les Canadiens anglophones, les touristes Québécois
sont sous-représentés, avec 8 000 entrées
enregistrées sur un total de 54 000 visiteurs canadiens.
Depuis quelques années, l’OTC met l’accent
sur le tourisme équitable et le développement durable.
Express Voyages s’est entretenu avec la présidente
du conseil d’administration de la nouvelle section québécoise,
Marie-Claude Bellance.
Express Voyage: Pourquoi mettez-vous autant d’emphase
sur la relance d’une section de l’OTC au Québec?
Est-ce, justement, parce que, en dehors de Cuba et de la République
dominicaine, les Québécois achètent peu les
Caraïbes ?
Marie-Claude
Bellance : L’OTC a déjà eu une section
québécoise, mais elle s’est dissoute lorsque
les gens qui s’en occupaient, comme Danièle Bouchard,
Narcisso Sotolongo ou Denis Coderre, ont quitté ou changé
d’emploi. On ne peut que le déplorer, car la plupart
des îles de la Caraïbes sont mal connues ou complètement
méconnues sur le marché québécois.
Les agents de voyages connaissent mal les produits à diffusion
plus confidentielle. Il y a donc un besoin énorme de formation,
à cet égard. Et la raison d’être de
l’OTC est, justement, de mettre des efforts et des ressources
en commun pour mieux faire connaître les produits touristiques
de ses membres. Nous allons aussi essayer de rendre l’offre
plus attrayante en concevant des forfaits combinant plusieurs
îles : la Martinique et la Barbade, par exemple. Pour cela,
nous travaillerons avec des grossistes et avec les petites compagnies
aériennes antillaises comme Air Caraïbes, Liatt, Air
Saint-Martin, etc...
EV
: Les agents de voyages québécois vendent surtout
le triangle Cuba/République dominicaine/Mexique, parce que
ces destinations sont moins chères que la plupart des autres
îles des Antilles. Quels avantages ferez-vous valoir pour
compenser les différences de tarifs ?
MCB
: Effectivement, la plupart de nos destinations ne sont pas concurrentielles,
comparées à celles que vous mentionnez. En outre,
elles ne disposent pas d’infrastructures aussi imposantes.
Mais elles ont d’autre choses à offrir que des bas
prix. La Dominique, par exemple, est une destination aussi intéressante
que le Costa Rica pour les amateurs d’écotourisme.
La Martinique et la Guadeloupe sont des petits coins de France.
La Barbade est une version tropicale de l’Angleterre...
EV
: Vous mettez l’accent sur les notions de tourisme équitable
et de développement durable. Est-ce nouveau ?
MCB
: Cela fait plusieurs années que l’OTC a adopté
ce genre de position. Les objectifs visés par les membres
sont d’aider les îles défavorisées a se
développer par le biais du tourisme et, cela, sans mettre
en péril l’équilibre écologique et humain.
Nous voulons aussi venir en aide à certaines îles ou
le tourisme est inexistant, comme Haïti par exemple, où
la situation politique bloque toute velléité en ce
sens. Nous envisageons, pour cela, l’organisation d’un
grand gala au profit des enfants déshérités
de l’île, au printemps 2004. Nous orchestrerons également
des actions pour favoriser la formation d’un personnel compétent
dans certaines autres destinations mal pourvues à cet égard.
Nous exerçons aussi des pressions sur les gouvernements locaux,
afin qu’ils veillent à ce que les projets de développement
touristique ne soient pas mis en oeuvre au détriment de la
protection de l’environnement. Nous ferons également
des campagnes de sensibilisation portant sur les torts que le tourisme
sexuel cause dans les populations.
EV
: Les baby boomers, qui constituent le noyau principal de la clientèle
touristique, sont allés plusieurs fois dans les destinations
soleil. Il se tournent maintenant vers des destinations plus éloignées.
Vous vous retrouvez donc en compétition avec l’Asie
ou le Pacifique Sud. Que ferez-vous pour faire face à cette
nouvelle concurrence?
MCB
: Nous sommes bien conscient du fait que les consommateurs sont
maintenant attirés par des destinations plus éloignées.
Mais le bassin de clientèle augmente, puisque de plus en
plus de gens voyagent. Nous comptons sur la formation que nous
dispenserons aux agents de voyages pour conserver nos clientèles
et en gagner d’autres. Nous serons de plus en plus présents
au Québec et nous y dispenserons de plus en plus de sessions
de formation.
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