magazine voyage


19 septembre 2003


UNE SECTION QUÉBÉCOISE POUR
L’ORGANISATION DU TOURISME DES CARAÏBES
- par André Désiront -

Ce n’est pas un hasard si l’Office du tourisme des Caraïbes (OTC) a mis le paquet pour relancer officiellement une section québécoise, après six ans d’absence. Les destinations soleil doivent maintenant faire face à la concurrence des pays asiatiques et d’autres destinations lointaines qui attirent de plus en plus de baby boomers. Et les Québécois, qui se cantonnent surtout au triangle Cuba/République dominicaine/Mexique, fréquentent peu, voire pas du tout, la plupart des 32 pays membres de l’organisation. Pour renverser la vapeur, les responsables de l’OTC envisagent un remède de cheval : la formation. Anne Brobyn, agent de développement de l’OTC pour le Canada, et Steve Gillick, président du CITC étaient venus appuyer les membres du nouveau conseil d’administration du chapitre québécois de l’OTC. Une quinzaine de professionnels ont assisté à la première d’une série de séance de formation à l’hôtel Nelligan, du Vieux-Montréal, en après-midi.

Fondée en 1989, l’OTC, qui compte 32 pays membres, a son siège-social à la Barbade et des bureaux d’opération à New York, Londres et Toronto. Le Canada, qui comptait quatre chapitres, en déploie désormais cinq, grâce à la résurection de la section québécoise. « Le Québec, qui est notre premier chapitre francophone, servira de modèle aux autres chapitres que nous sommes en train de constituer en France et dans d’autres régions francophones », indiquait Anne Brobyn, agent de développement de l’OTC pour le Canada. « C’est ici, notamment, que nous ferons traduire nos documents. »

De Gauche à droite: Jill Elmslie, première vice-présidente, membre du comité de Recrutement et chef de secteur pour l'Office du tourisme de la Barbade, Ann Brobyn, Market development Officer, Marie-Claude Bellance, présidente de la section québécoise de l'OTC et directrice régionale du Bureau du tourisme de la martinique, Hariette E.Smith, secrétaire de la section québécoise de l'OTC et directrice du développement des affaires pour l'Office du tourisme de la Barbade, Jorge Alvarez, trésorier de la section québécoise de l'OTC et directeur du bureau de tourisme de Cuba, Paul Morissette, CTC, président du comité Éducation et conseiller professionnel en voyages au groupe Vision 2000 et Lydie Rauzon, deuxième vice-présidente, membre du comité de Recrutement et directrice du développement pour My Travel Canada Retail

Présidé par Marie-Claude Bellance, directrice du Bureau de tourisme de la Martinique, le conseil d’administration québécois est composé de Harriette Smith (Office du tourisme de la Barbade), Jorge Alvarez (Bureau de tourisme de Cuba), Jill Elmslie (Office du tourisme de la Barbade), Lydie Rauzon (My Travel Canada Détail), Paul Morissette (Groupe Vision 2000), Jannet Catheline (Office du tourisme de la République dominicaine) et Harry Bissoon (Vacances Sunlink).
Le 26e Congrès annuel de l’organisation, qui aura lieu aux Îles Vierges américaines, du 13 au 18 octobre, est placé sous le thème « Reprise et croissance dans un environnement hautement concurrentiel », ce qui indique bien que les pays membres sont conscients qu’ils doivent maintenant faire face à la concurrence des destinations lointaines.
Pour presque tous les pays membres, le tourisme est la principale industrie et la première source de revenus. Ainsi, en Barbade, l’activité touristique génère 20 000 emplois. Comme dans bien d’autres îles assez fréquentées par les Canadiens anglophones, les touristes Québécois sont sous-représentés, avec 8 000 entrées enregistrées sur un total de 54 000 visiteurs canadiens.
Depuis quelques années, l’OTC met l’accent sur le tourisme équitable et le développement durable. Express Voyages s’est entretenu avec la présidente du conseil d’administration de la nouvelle section québécoise, Marie-Claude Bellance.


Express Voyage: Pourquoi mettez-vous autant d’emphase sur la relance d’une section de l’OTC au Québec? Est-ce, justement, parce que, en dehors de Cuba et de la République dominicaine, les Québécois achètent peu les Caraïbes ?

Marie-Claude Bellance : L’OTC a déjà eu une section québécoise, mais elle s’est dissoute lorsque les gens qui s’en occupaient, comme Danièle Bouchard, Narcisso Sotolongo ou Denis Coderre, ont quitté ou changé d’emploi. On ne peut que le déplorer, car la plupart des îles de la Caraïbes sont mal connues ou complètement méconnues sur le marché québécois. Les agents de voyages connaissent mal les produits à diffusion plus confidentielle. Il y a donc un besoin énorme de formation, à cet égard. Et la raison d’être de l’OTC est, justement, de mettre des efforts et des ressources en commun pour mieux faire connaître les produits touristiques de ses membres. Nous allons aussi essayer de rendre l’offre plus attrayante en concevant des forfaits combinant plusieurs îles : la Martinique et la Barbade, par exemple. Pour cela, nous travaillerons avec des grossistes et avec les petites compagnies aériennes antillaises comme Air Caraïbes, Liatt, Air Saint-Martin, etc...

EV : Les agents de voyages québécois vendent surtout le triangle Cuba/République dominicaine/Mexique, parce que ces destinations sont moins chères que la plupart des autres îles des Antilles. Quels avantages ferez-vous valoir pour compenser les différences de tarifs ?

MCB : Effectivement, la plupart de nos destinations ne sont pas concurrentielles, comparées à celles que vous mentionnez. En outre, elles ne disposent pas d’infrastructures aussi imposantes. Mais elles ont d’autre choses à offrir que des bas prix. La Dominique, par exemple, est une destination aussi intéressante que le Costa Rica pour les amateurs d’écotourisme. La Martinique et la Guadeloupe sont des petits coins de France. La Barbade est une version tropicale de l’Angleterre...

EV : Vous mettez l’accent sur les notions de tourisme équitable et de développement durable. Est-ce nouveau ?

MCB : Cela fait plusieurs années que l’OTC a adopté ce genre de position. Les objectifs visés par les membres sont d’aider les îles défavorisées a se développer par le biais du tourisme et, cela, sans mettre en péril l’équilibre écologique et humain. Nous voulons aussi venir en aide à certaines îles ou le tourisme est inexistant, comme Haïti par exemple, où la situation politique bloque toute velléité en ce sens. Nous envisageons, pour cela, l’organisation d’un grand gala au profit des enfants déshérités de l’île, au printemps 2004. Nous orchestrerons également des actions pour favoriser la formation d’un personnel compétent dans certaines autres destinations mal pourvues à cet égard. Nous exerçons aussi des pressions sur les gouvernements locaux, afin qu’ils veillent à ce que les projets de développement touristique ne soient pas mis en oeuvre au détriment de la protection de l’environnement. Nous ferons également des campagnes de sensibilisation portant sur les torts que le tourisme sexuel cause dans les populations.

EV : Les baby boomers, qui constituent le noyau principal de la clientèle touristique, sont allés plusieurs fois dans les destinations soleil. Il se tournent maintenant vers des destinations plus éloignées. Vous vous retrouvez donc en compétition avec l’Asie ou le Pacifique Sud. Que ferez-vous pour faire face à cette nouvelle concurrence?

MCB : Nous sommes bien conscient du fait que les consommateurs sont maintenant attirés par des destinations plus éloignées. Mais le bassin de clientèle augmente, puisque de plus en plus de gens voyagent. Nous comptons sur la formation que nous dispenserons aux agents de voyages pour conserver nos clientèles et en gagner d’autres. Nous serons de plus en plus présents au Québec et nous y dispenserons de plus en plus de sessions de formation.

 
 

Pour qu'un journaliste couvre
un événement
CLIQUEZ ICI


www.expressvoyage.ca