21 novembre 2003
| - par André Désiront - Pourquoi le ministère des Affaires extérieures et du Commerce international (MAECI) déconseille-t-il encore aux voyageurs canadiens de se rendre à Bali? La réponse à cette question – et à quelques autres – a été donnée par Lucie Chantal, porte-parole des Affaires consulaires, à l’occasion du dîner-conférence organisé par l’APAV le 19 novembre. «Dans certains pays et certaines régions où nous n’entretenons pas de missions diplomatiques, les intérêts canadiens sont défendus par d’autres pays, le plus souvent par l’Australie», expliquait Lucie Chantal. «C’est le cas à Bali et, dans ce cas précis, les Australiens ne voulaient pas lever l’avertissement.» Or, on sait que la plupart des pays occidentaux ont cessé de considérer Bali comme une destination à risque. Colette Parayre, directrice des opérations chez Tours Chanteclerc, a notamment déploré cette politique du «deux poids, deux mesures». «On sait, aujourd’hui, qu’à Bali, c’étaient les touristes australiens qui étaient visés par les auteurs de l’attentat survenu en octobre 2002. En Turquie, il vient d’y avoir un attentat manifestement dirigé contre les Turcs de confession juive et le gouvernement canadien n’a pas émis d’avertissement conseillant d’éviter ce pays. De la même manière, il n’a jamais émis d’avertissement concernant les Etats-Unis, alors qu’on nous répète ad nauseam que ce pays est particulièrement ciblé par le réseau Al Quaeda. Si nous avions écouté le MAECI en mars dernier, personne n’aurait mis les pieds en Indonésie, en Thaïlande, à Singapour ou à Hong Kong, à cause du SRAS. Cela revenait à donner raison aux Italiens qui conseillaient d’éviter le Canada à cause des cas de SRAS à Toronto.» Lucie
Chantal a, toutefois, fait observer que le MAECI devient plus nuancé
dans ses avertissements, faisant maintenant la différence entre
régions d’un même pays. «Ainsi, nous déconseillons
aux Canadiens de se rendre en Colombie, mais pas à Carthagène
où les touristes ne courent aucun danger», faisait-elle
remarquer. «Et nous avons des rencontres avec les ambassades d’autres
pays, qui nous permettent de corriger le tir dans certains cas.»
Reste le cas de Bali, qui est subordonné aux accords liant le
Canada à l’Australie. Lucie Chantal a appelé les
représentants de l’industrie à communiquer davantage
avec ceux du MAECI, ce qui devrait permettre de mieux adapter les recommandations
du ministère aux véritables réalités de
la conjoncture. Vous voulez réagir à cet article?
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