À
la suite de la publication par Transports Canada d’une refonte
des règles relatives au système informatisé
de réservation (SIR), l’ACTA a entrepris de saisir
la perche tendue par le gouvernement sous la forme d’une
offre ultime de consultation, tout en sachant fort bien qu’il
se peut que les dés soient jetés et que peu de changements
s’il en est puissent être apportés aux règles
projetées.
Le président et chef de la direction de l’ACTA, M.
Marc-André Charlebois, et son vice-président aux
politiques, M. Martin Taller, ont rencontré aujourd’hui
des fonctionnaires de Transports Canada et du ministère
de la Justice, afin d’y aller d’un dernier appel des
décisions prises par les auteurs de ces amendements. Depuis
décembre 2002, il s’agissait là de la quatrième
intervention de l’ACTA auprès des autorités
gouvernementales sur ce sujet. Le gouvernement fédéral
entend faire entrer ces changements en vigueur dès janvier
2004.
Après
avoir attentivement analysé les changements projetés,
l’ACTA est d’avis que les préoccupations des
agences de voyage n’ont pas été prises en
considération et que les nouvelles règles, considérablement
« libéralisées », si elles étaient
adoptées telles qu’amendées, ouvriraient la
porte à des risques d’abus considérables.
Lors de la réunion, l’ACTA a rappelé aux fonctionnaires
chargés des politiques la nature de sa position initiale
face aux règlements et elle a déploré le
fait qu’on ne trouvait trace d’aucune de ses revendications
dans la version refondue des règles. « Dans les faits
», a souligné M. Taller, « les règles
modifiées ouvriraient la voie à de nouvelles tactiques
commerciales qui ne serviraient nullement les intérêts
des voyageurs ».
L’ACTA
a présenté aux fonctionnaires des ministères
des Transports et de la Justice quelques options. L’une
d’elles consistait à effectuer un retour à
la case départ, et à reconsidérer les amendements
projetés à la lumière des arguments supplémentaires
soulevés à leur encontre par l’ACTA. Une deuxième
option suggérait que l’on assujettisse tout changement
apporté aux règles à une période de
préavis convenable, laquelle aurait pour but de permettre
à toutes les parties intéressées d’apporter
les changements nécessaires à leurs pratiques commerciales.
«
C’est un peu comme si l’on changeait les principes
fondamentaux du jeu d’échecs lors du déroulement
d’un important tournoi d’échecs », a
confié M. Charlebois d’un ton songeur, « et
que, tout à coup, vos tours pouvaient franchir les cases
à saute-mouton en diagonale sur l’échiquier
et vos cavaliers se devaient, eux, de se déplacer en ligne
droite. Avec les nouveaux amendements, les contrats actuels entre
le Système informatisé de réservation (SIR)/Système
mondial de distribution (SMD) et les agences de voyages, rédigés
en vertu des anciennes règles, perdraient toute pertinence
et il faudrait qu’ils soient renégociés ou
jetés à la poubelle. Pouvez-vous imaginer tout le
désordre et le chaos qui s’ensuivraient »?
Enfin,
et plus important encore, l’ACTA a proposé que la
nouvelle réglementation soit modifiée de façon
à ce qu’elle soit interprétée en vertu
de la Loi sur les transports au Canada, afin d’offrir aux
intervenants de l’industrie un mécanisme de recours
approprié advenant que ces règles soient transgressées.
Actuellement, c’est la Loi sur l’aéronautique
qui lui sert de loi d’autorisation, et celle-ci ne lui procure
pas l’amplitude des moyens de recours qui peuvent être
mis à contribution en vertu de la Loi sur les transports.
M.
Charlebois a conclu en disant : « Il est difficile d’imaginer
que le gouvernement puisse, de façon significative, changer
de cap, étant donné les pressions qu’exercent
sur son appareil d’État une industrie du transport
aérien en déclin. Néanmoins, l’octroi
d’un moratoire temporaire sur l’introduction de ces
modifications réglementaires donnerait aux divers interlocuteurs
suffisamment de temps pour qu’ils puissent passer en revue
les ententes en vertu desquelles ils fonctionnent actuellement,
et apporter des changements en conséquence à leurs
stratégies d’affaires qui, en bout de ligne, avantageront
les consommateurs même si ces derniers en sont quand même
réduits à acquitter les coûts de distribution
des billets d’avion. D’autre part, le fait d’offrir
des mécanismes appropriés de recours garantirait
également que toute conduite contraire à l’éthique
commerciale de la part d’un intervenant ne demeurerait pas
sans réponse ».
L’ACTA déposera ses observations finales d’ici
le 24 novembre.
(Source : ACTA) |