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25 juillet 2003


SINGAPORE PRÉSENTE SA NOUVELLE CLASSE RAFFLES


- par André Désiront -

« Nous ne sommes pas une compagnie comme les autres : la plupart de nos clients empruntent des vols d’une durée de 12 à 20 heures. Ils ont donc besoin d’avoir accès à une gamme de divertissement plus étoffée qu’à bord d’une compagnie traditionnelle et de fauteuils qui leur permettent de dormir confortablement », explique James Boyd, directeur des relations publiques pour l’Amérique du Nord de Singapore Airlines.
La compagnie asiatique vient de réaménager de fond en comble la classe Affaires de ses appareils longs courriers – la Raffles class – même si « l’ancienne » n’avait que sept ans d’usage. Coût de l’opération : 100 millions $ US. Mais il fallait se plier à une des exigences les plus pressantes de la clientèle. « Tous nos sondages aboutissent à la même conclusion : les gens d’affaires veulent avoir la possibilité de dormir », poursuit James Boyd. « C’est particulièrement important pour les voyageurs d’affaires nord-américain, qui partent généralement le soir pour arriver en Asie tôt le matin. S’ils parviennent à dormir à bord, ils sont d’attaque pour se mettre au travail dès leur arrivée. »

On s’en doutait : il y a quatre catégories de dormeurs : ceux qui dorment sur le dos, ceux qui dorment sur le ventre, ceux qui dorment sur le côté et ceux qui combinent les trois manières en changeant de position entre 30 et 35 fois par nuit. Si les individus appartenant aux deux premières catégories n’ont aucune difficulté à se reposer sur des sièges inclinables à 140 ou 150 degrés, il n’en va pas de même pour les autres. La position de côté exige une surface plate, sinon la pression exercée sur les épaules, les hanches et les genoux provoque un inconfort qui perturbe le sommeil. « C’est la raison pour laquelle nous avons installé ces nouveaux modèles de SpaceBeds à bord de tous nos Boeings 747-400 et de nos Boeings 777-200ER », dit James Boyd. « Nous avons maintenant les sièges les plus larges et les plus longs de toutes les classes Affaires. »
Les concepteurs ont soigné les détails. Un petit compartiment facile d’accès a été placé sous le siège pour ranger les souliers. Les dossiers sont fixes et dotés de poignées de manière telle qu’un passager qui se lève ne dérange pas son voisin du devant en prenant appui sur les oreillettes. Un panneau amovible permet de s’isoler de son voisin, lorsqu’on dort. Les écrans individuels, encastrés dans les dossiers, sont réglables, ce qui permet de les regarder sous l’angle approprié, même si on a déplié son siège à l’horizontale.
Et, tout comme en Première classe, la vidéothèque de bord offre un large éventail de choix : 25 films, 50 disques compacts, 47 jeux vidéos... Naturellement, les écouteurs sont dotés d’atténuateurs de bruits qui éliminent complètement les sons émis par l’appareil en vol. « Le choix de divertissement est un autre facteur très important pour une compagnie qui exploite de très longues routes aériennes », remarque James Boyd.

Une nouvelle façon de servir les repas
Le service de repas a été repensé dans les deux classes. « La nourriture servie à bord des avions a une réputation épouvantable et il y a une bonne raison à cela : nous ne pouvons pas cuisiner à bord et tout est réchauffé d’un seul tenant dans le même four, alors que la viande, les pommes de terre, les sauces et les légumes ne demandent pas nécessairement le même temps de cuisson », observe James Boyd. Désormais les ingrédients seront cuits séparément. Pour ce faire, Singapore Airlines a équipé ses aires de service de trois types de fours : à vapeur, à convexion et micro-ondes. Les assaisonnements seront aussi rajoutés à bord.
Le transporteur consacre un budget annuel de 100 millions $ aux repas et il dépense chaque année 16,5 millions $ en vins et en champagne (il sert du Dom Pérignon en Première et du Piper Heidsiek en classe Raffles).
Notons qu’il fait appel à des designer actifs dans le domaine de l’automobile pour concevoir l’aménagement de ses deux classe à haute contribution. « Nous voulons donner à nos passagers la même impression que lorsqu’ils prennent place dans une auto de luxe, avec les odeurs de cuir et de bois », dit James Boyd.
Les cabines de Première ont d’ailleurs été dessinées par James Park, le designer britannique qui a conçu les wagons de l’Orient Express. Les cuirs viennent de chez Connolly, le fournisseur de Rolls Royce, Ferrari et Jaguar. Les luxueux fauteuils-lits, intégrés à une console qui peut servir à la fois de table de travail et de repas ont coûté chacun 27 000 $ US. On en retrouve 12 dans les cabines de Première des B-747 et des B-777 de Singapore (alors qu’il y a 50 places dans la classe Raffles des B-747).
Les agents de voyages montréalais ont eu l’occasion de les essayer à bord de la « Caravane » de Singapore, qui était de passage à Montréal le 24 juillet. L’énorme semi-remorque, à l’intérieur duquel on avait reproduit un coin des cabines de Première et d’Affaires du transporteur, a passé la journée dans le Vieux-Port pour l’occasion.

 

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