26 janvier 2004
| Jean-Marc
Eustache en entrevue à Express Voyage.ca : Les acquisitions aux Etats-Unis et l’avenir des agences de voyages |
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| -par André Désiront | |||
EV : Vous vous prépariez à faire l’acquisition d’un grossiste aux Etats-Unis, lorsque les attentats du 11 septembre sont venus remettre votre expansion en question. Vous avez mentionné récemment que vous alliez réactiver vos projets de ce côté. Avez-vous déjà ciblé un voyagiste précis? JME : Non, car en deux ans, la situation a beaucoup évolué aux Etats-Unis. Les agences Internet ont pris beaucoup d’importance et elles ont provoqué une redistribution des cartes. Nous étudions donc la situation afin d’être en mesure de procéder à une acquisition en 2005. D’emblée, on peut dire que nous faisons face à quatre options. Acheter un T.O. généraliste du type «Vacances Air Transat»; acheter un grossiste spécialisé sur l’Europe ou une autre destination, comme il y en a tant de l’autre côté de la frontière; acheter un T.O. qui fait du développement et de la sous-traitance pour le compte des compagnies aériennes ou encore aller du côté des agences Internet. Il existe, là-bas des grands grossistes comme Certified ou Mark Travel Corp., qui opèrent les département des «tours» de grandes compagnies aériennes comme Delta, American Airlines, etc… L’agent de voyages ou le consommateur qui contacte le département des «tours» de Delta, par exemple, croît qu’il traite avec des employés du transporteur, mais ce n’est pas le cas. Celui-ci confie la partie «tour operating» en sous-traitance à des grandes boîtes spécialisées. Quant à Internet, des agences comme Expedia et Travelocity rachètent des grossistes pour se développer sur un mode intégré et c’est un modèle qui s’annonce prometteur. Nous n’avons pas encore décidé quel type de compagnie que nous achèterons. Nous préférons prendre notre temps pour bien évaluer la situation, avant de procéder. EV : Et Look Voyage? Cette filiale perd de l’argent… JME : En 2003, elle a essuyé une perte de 17
millions d’euros, soit l’équivalent de EV : Quel est le chiffre d’affaires de Look? JME : Habituellement, ce voyagiste réalise un chiffre d’affaires de 240 millions d’euros. Cette année, nous projetons faire 220 millions d’euros, soit environ 350 millions $. EV : Continuez-vous à croire dans le réseau des agents de voyages comme vecteur de distribution privilégié? JME : Nous y croyons tellement que nous avons racheté le réseau Travel Plus, en Ontario et que nous mettons en œuvre tous les efforts voulus pour le développer. Ce n’est pas un hasard si j’ai demandé à mon partenaire de la première heure, Philippe Sureau de superviser notre activité «distribution». Nous venons d’engager John Kennedy, l’ancien patron de GIANTS pour développer ce réseau. Nous nous préparons à ouvrir des agences corporatives dans plusieurs grandes villes du Canada anglais, ceci afin de mieux ancrer notre réseau dans cette partie du pays. Et nous faisons de gros investissements dans le B2B pour travailler de façon plus efficace avec les agents de voyages. Nous voulons leur procurer les outils informatiques qui leur permettront de mieux communiquer avec nous, d’éliminer les échanges de paperasserie et de réduire les coûts de distribution. Il est évident que, dans quelques années, il y aura moins d’agences de voyages qu’aujourd’hui et que les agences qui ne se modernisent pas ou qui ne s’implantent pas dans un créneau porteur n’auront plus leur place. Mais le réseau de distribution traditionnel demeurera toujours le partenaire principal et incontournable des fournisseurs de l’industrie du voyage. |
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