magazine voyage

28 avril 2003

SRAS - DERNIÈRES NOUVELLES


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Au moment de mettre ce reportage en ligne, nous apprenions qu'en date du 28 avril, l'Organisation Mondiale de la Santé vient de retirer le Viet-Nam de la liste des pays a éviter. En effet, aucun nouveau cas n'a été rapporté dans le pays depuis 20 jours, condition essentielle a rencontrer pour obtenir la clémence de l'OMS. Le Viet-Nam pense a fermer ses frontières limitrophes à la Chine, ou la situation semble se stabiliser, toujours selon l'OMS. A quand Toronto?...

- La compagnie de croisières Carnival a implanté de nouvelles procédures s'appliquant aux passagers en provenance de Toronto. Selon Vicki L. Freed, Vice-présidente directrice des ventes et marketing, un bref questionnaire sera remis aux passagers afin de determiner s'ils présentent des symptômes du SRAS. Les personnes à risque seront soumises à un test de dépistage, ne pourront monter a bord des bateaux et seront de plus assistées par Carnival pour obtenir localement des soins médicaux appropriés.


L'AVIS DE L'OMS CONTRE LES VOYAGES À TORONTO SUSCITE L'INDIGNATION -
A l'unisson, des membres de tous les niveaux de gouvernement, de la communauté médicale et des milieux d'affaires de l'Ontario se sont élevés pour dénoncer la décision de l'Organisation mondiale de la santé de diffuser, mercredi, un avis déconseillant aux voyageurs de se rendre à Toronto, à cause du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). La flambée de pneumonie atypique a fait une 16e victime mercredi, quand une femme de 78 ans est morte. Les autorités ont affirmé qu'elle souffrait d'autres problèmes de santé préexistants. L'influence de l'avis aux voyageurs formulé par l'OMS n'a pas tardé à devenir apparente, quand la Grande-Bretagne lui a emboîté le pas et que même la Nouvelle-Ecosse a recommandé à ses résidants de reporter tout projet de voyage non essentiel à Toronto. La ministre de la Santé de Nouvelle-Ecosse a cependant annoncé en soirée, mercredi, qu'elle retirait sa recommandation.

Des représentants des gouvernements fédéral, provincial et municipaux et l'équipe chargée de la lutte contre la propagation de la maladie à Toronto - l'un des endroits les plus touchés hors d'Asie - se sont dits médusés et furieux que l'OMS ait inscrit Toronto sur sa liste de lieux à éviter, au même titre que les foyers les plus "chauds" de SRAS - Hong Kong, Pékin et les provinces chinoises de Guangdong et Shanxi. Le docteur Colin D'Cunha, commissaire à la Santé de la province, n'en croyait pas ses oreilles, a-t-il dit en conférence de presse. Selon lui, c'est une réaction excessive, et la décision a été prise sans consulter la province. Des 267 cas possibles et probables que l'Ontario a enregistrés depuis le début, seuls 124 sont toujours hospitalisés ou sous surveillance à domicile, a-t-il ajouté. "C'est de la foutaise", a lancé le docteur Donald Low, l'un des plus grands experts canadiens des maladies infectieuses, membre de l'équipe de lutte contre le SRAS. Et le commissaire à la Sécurité publique de l'Ontario, le docteur James Young, a souligné que le nombre de cas n'a augmenté, en moyenne, que de trois par jour au cours des six derniers jours, et qu'il n'y a pas eu de cas de transmission de la maladie autre que par un contact étroit entre deux personnes. "Il est tout à fait sécuritaire de se promener dans les rues de Toronto", a-t-il assuré. Les représentants du ministère fédéral de la Santé mettent eux aussi en doute la nécessité de l'avis de l'OMS, ainsi que l'affirmation de cet organisme selon lequel il avait averti le ministère fédéral mardi de l'imminence de l'avis. Nous en avons été informés seulement aujourd'hui (mercredi), a affirmé le docteur Paul Gully, responsable de la santé publique à Santé Canada, ajoutant que cela était vrai de tout le ministère, y compris du ministre. Il a précisé que Santé Canada a l'intention de contester la décision et de demander son annulation. Mercredi, l'OMS avait fait savoir que cette recommandation était en vigueur pendant au moins trois semaines, soit le double du temps d'incubation du SRAS. La confusion entourant l'identité des personnes que l'OMS aurait informées, et à quel moment, pourrait expliquer pourquoi il a fallu plusieurs heures avant que le gouvernement fédéral ne réagisse publiquement. Le premier ministre Jean Chrétien était en vacances en République dominicaine, et il n'a pas été possible d'obtenir ses commentaires sur une nouvelle susceptible de compromettre fortement les lucratives industries du tourisme et des congrès à Toronto.

Le vice-premier ministre John Manley s'est dit surpris de la décision, qu'il ne croit pas justifiée - ce à quoi a fait écho sa collègue Anne McLellan, ministre de la Santé. De son côté l'extroverti maire de Toronto, Mel Lastman, a soutenu qu'il n'avait jamais été aussi furieux de sa vie, ajoutant que l'avis de l'OMS n'était nullement pertinent. Le ministre de la Santé de l'Ontario, Tony Clement, a été visiblement ébranlé par la nouvelle. Il s'est dit déçu de la décision de l'OMS, ajoutant que même des experts contestaient la nécessité de détourner les voyageurs de Toronto. Un expert américain du Centre de contrôle de la maladie (CDC), invité à Toronto pour étudier les procédures de lutte contre l'infection dans les hôpitaux, a d'ailleurs déclaré, diplomatiquement, que les critères utilisés pour émettre l'avis aux voyageurs ne lui semblaient pas être remplis. Le CDC a conseillé aux Américains se rendant à Toronto d'éviter les établissements de santé mais il ne leur a pas dit d'éviter la ville, alors qu'il l'a fait dans les cas de Hong Kong et de la Chine. Des gens d'affaires, organisateurs de congrès, hôteliers, ont prédit que l'avis de l'OMS aurait un impact économique désastreux. Et à Ottawa, le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, a estimé que les retombées se feraient sentir sur tout le pays. Mercredi après-midi, Santé Canada faisait état de 330 cas possibles et probables de SRAS dans six provinces, six de plus que mardi.

L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ (OMS) A DÉCONSEILLÉ, EN DATE DE MERCREDI 23 AVRIL, AUX VOYAGEURS DE SE RENDRE À TORONTO, PÉKIN ET DANS LA PROVINCE DE SHANXI EN CHINE EN RAISON DE L'ÉPIDÉMIE DE PNEUMONIE ATYPIQUE. - "Nous recommandons aux personnes désireuses de se rendre à Shanxi, Pékin et Toronto de reporter si possible leur voyage, car, comme c'était le cas à Hong Kong et Canton, ces zones connaissent un taux important de mortalité, un risque important de contamination au niveau local", a déclaré le Dr David Heymann, responsable du service des maladies infectieuses à l'OMS. Cette recommandation sera effective pendant au moins trois semaines, soit le double du temps d'incubation du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), a-t-il ajouté. Il a également précisé qu'un autre pays, dont il n'a pas donné le nom, serait peut-être ajouté à cette liste d'ici lundi. L'OMS conseillait déjà depuis trois semaines aux voyageurs d'éviter la province chinoise de Canton et Hong Kong. C'est la première fois qu'une zone située hors d'Asie -Toronto- est mise à l'index par l'organisation onusienne.


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