28 avril 2003
SRAS
- DERNIÈRES NOUVELLES |
- La compagnie de croisières Carnival a implanté de nouvelles procédures s'appliquant aux passagers en provenance de Toronto. Selon Vicki L. Freed, Vice-présidente directrice des ventes et marketing, un bref questionnaire sera remis aux passagers afin de determiner s'ils présentent des symptômes du SRAS. Les personnes à risque seront soumises à un test de dépistage, ne pourront monter a bord des bateaux et seront de plus assistées par Carnival pour obtenir localement des soins médicaux appropriés. |
L'AVIS
DE L'OMS CONTRE LES VOYAGES À TORONTO SUSCITE L'INDIGNATION
- Des représentants des gouvernements fédéral, provincial et municipaux et l'équipe chargée de la lutte contre la propagation de la maladie à Toronto - l'un des endroits les plus touchés hors d'Asie - se sont dits médusés et furieux que l'OMS ait inscrit Toronto sur sa liste de lieux à éviter, au même titre que les foyers les plus "chauds" de SRAS - Hong Kong, Pékin et les provinces chinoises de Guangdong et Shanxi. Le docteur Colin D'Cunha, commissaire à la Santé de la province, n'en croyait pas ses oreilles, a-t-il dit en conférence de presse. Selon lui, c'est une réaction excessive, et la décision a été prise sans consulter la province. Des 267 cas possibles et probables que l'Ontario a enregistrés depuis le début, seuls 124 sont toujours hospitalisés ou sous surveillance à domicile, a-t-il ajouté. "C'est de la foutaise", a lancé le docteur Donald Low, l'un des plus grands experts canadiens des maladies infectieuses, membre de l'équipe de lutte contre le SRAS. Et le commissaire à la Sécurité publique de l'Ontario, le docteur James Young, a souligné que le nombre de cas n'a augmenté, en moyenne, que de trois par jour au cours des six derniers jours, et qu'il n'y a pas eu de cas de transmission de la maladie autre que par un contact étroit entre deux personnes. "Il est tout à fait sécuritaire de se promener dans les rues de Toronto", a-t-il assuré. Les représentants du ministère fédéral de la Santé mettent eux aussi en doute la nécessité de l'avis de l'OMS, ainsi que l'affirmation de cet organisme selon lequel il avait averti le ministère fédéral mardi de l'imminence de l'avis. Nous en avons été informés seulement aujourd'hui (mercredi), a affirmé le docteur Paul Gully, responsable de la santé publique à Santé Canada, ajoutant que cela était vrai de tout le ministère, y compris du ministre. Il a précisé que Santé Canada a l'intention de contester la décision et de demander son annulation. Mercredi, l'OMS avait fait savoir que cette recommandation était en vigueur pendant au moins trois semaines, soit le double du temps d'incubation du SRAS. La confusion entourant l'identité des personnes que l'OMS aurait informées, et à quel moment, pourrait expliquer pourquoi il a fallu plusieurs heures avant que le gouvernement fédéral ne réagisse publiquement. Le premier ministre Jean Chrétien était en vacances en République dominicaine, et il n'a pas été possible d'obtenir ses commentaires sur une nouvelle susceptible de compromettre fortement les lucratives industries du tourisme et des congrès à Toronto. Le
vice-premier ministre John Manley s'est dit surpris de la décision,
qu'il ne croit pas justifiée - ce à quoi a fait écho
sa collègue Anne McLellan, ministre de la Santé. De son
côté l'extroverti maire de Toronto, Mel Lastman, a soutenu
qu'il n'avait jamais été aussi furieux de sa vie, ajoutant
que l'avis de l'OMS n'était nullement pertinent. Le ministre
de la Santé de l'Ontario, Tony Clement, a été visiblement
ébranlé par la nouvelle. Il s'est dit déçu
de la décision de l'OMS, ajoutant que même des experts
contestaient la nécessité de détourner les voyageurs
de Toronto. Un expert américain du Centre de contrôle de
la maladie (CDC), invité à Toronto pour étudier
les procédures de lutte contre l'infection dans les hôpitaux,
a d'ailleurs déclaré, diplomatiquement, que les critères
utilisés pour émettre l'avis aux voyageurs ne lui semblaient
pas être remplis. Le CDC a conseillé aux Américains
se rendant à Toronto d'éviter les établissements
de santé mais il ne leur a pas dit d'éviter la ville,
alors qu'il l'a fait dans les cas de Hong Kong et de la Chine. Des gens
d'affaires, organisateurs de congrès, hôteliers, ont prédit
que l'avis de l'OMS aurait un impact économique désastreux.
Et à Ottawa, le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge,
a estimé que les retombées se feraient sentir sur tout
le pays. Mercredi après-midi, Santé Canada faisait état
de 330 cas possibles et probables de SRAS dans six provinces, six de
plus que mardi. |
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