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par André Désiront -
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Bruce Bishins |
Le
projet de modifications au Règlement sur les systèmes
informatisés de réservations (les SRI –
CRS en anglais), déposé hier par le ministère
des Transport du Canada, risque de soulever une levée
de boucliers dans le réseau de distribution. Le gouvernement
compte relever les transporteurs de l’obligation d’adhérer
aux quatre SRI présents au Canada, sous prétexte
que les sites de réservation des transporteurs et les
sites Web de voyages seraient devenus des solutions de rechange
aux outils traditionnels. Bruce Bishins, porte-parole de CSTAR
et de l’APAV, a vivement dénoncé cette
interprétation en arguant que les modifications proposées
léseraient gravement les intérêts des
consommateurs et des agents de voyages. Selon lui, le public
et ses représentants n’auront plus accès
à une information neutre et complète sur les
horaires, les tarifs et le choix de compagnies aériennes,
si les nouvelles dispositions sont adoptées. Les opposants
ont 30 jours ouvrables pour présenter leurs commentaires
par écrit au ministère des Transports.
Le
règlement actuellement en vigueur a été
adopté le 6 juin 1995. Il impose aux transporteurs
qui détiennent une part d’au moins 10% du marché
national ou à ceux qui possèdent des actions
dans un SRI de participer aux quatre SRI présents au
Canada. Or, selon le projet de modification, le développement
d’Internet a modifié le paysage de la distribution.
Le Web fournirait aux consommateurs, qui ont maintenant accès
aux sites de voyage et aux sites de réservations des
compagnies aériennes, une information suffisante pour
qu’ils soient en mesure de se faire une idée
de l’éventail de l’offre.
Le libellé du projet tient compte du fait que les coûts
de distribution constituent pour les transporteurs la troisième
dépense en importance, après la masse salariale
et le carburant. Il suggère qu’en se désengageant
de certains SRI, les compagnies seraient en mesure de réaliser
des économies qu’elles pourraient refiler aux
consommateurs.
Ces arguments sont battus en brèche dans le communiqué
conjoint de CSTAR/APAV qui relève notamment que :
- Air Canada, principale compagnie visée par le règlement,
fait état de coûts de l’ordre de 156 millions
$ pour ses participations aux SRI, ce qui est marginal, compte
tenu que les dépenses d’exploitations s’élevaient
à 10 milliards en 2002. En fait, lorsque les compagnies
aériennes mentionnent leurs coûts de distribution,
elles y incluent les coûts de commission, de cartes
de crédits, ainsi que leurs coûts de publicité
et de promotion.
- Que ce sont ne sont pas tous les consommateurs qui ont accès
à Internet.
- Que rien ne garantit que les compagnies aériennes
continueront à donner éternellement, comme le
projet de modification le présume, un accès
à leurs sites de réservations aux agents de
voyages.
- Qu’en donnant à Air Canada la possibilité
de traiter avec les SRI de son choix, le projet ouvre la porte
à une information incomplète, voire biaisée.
En favorisant un SRI, Air Canada peut inciter celui-ci à
la favoriser.
- Que le projet semble présumer que même les
agents de voyages sont en mesure de se passer des SRI, grâce
à Internet. Ce qui est faux, puisque les SRI se sont
toujours révélés d’excellents outils
de comparaison, notamment lorsqu’il s’agit de
bâtir des itinéraires complexes. Ce qu’Internet
ne permet pas, à moins de recherches interminables.
Bruce
Bishins fait également observer que le rôle du
gouvernement n’est pas d’aider Air Canada à
réduire ses coûts, mais bien de protéger
les intérêts des consommateurs et des autres
parties impliquées dans le processus de distribution.
Une mission à laquelle il faillirait en adoptant le
projet proposé. CSTAR et APAV organisent une série
de sessions d’informations destinées aux agents
de voyages sur le projet de modification, à travers
le pays. Une séance est prévue à Ottawa
le 2 décembre et une autre à Montréal,
le 3 décembre.
Aucun commentaire n’avait encore été émis
par ACTA-Canada, au moment d’aller sous presse. Par
contre, les dirigeants de cette association avaient préconisé,
le mois dernier, que la nouvelle réglementation prévoie
« un mécanisme d’arbitrage et de recours
dans le cas où de nouvelles méthodes commerciales
ne seraient pas conformes aux principes d’équité
».
Voir
le texte
intégral ici du « Règlement modifiant
le Règlement sur les systèmes informatisés
de réservation (SIR) canadiens » sur le site
du gouvernement du Canada.