28 janvier 2004
| José Leroux et Craig Kijek
d’Intair : Le charter comme mode de développement |
||||||
| - par André Désiront | ||||||
L’irruption d’Intair
sur la route Montréal/Paris avec Zoom Airlines amène à
se poser une question : la compagnie dirigée par José Leroux
va-t-elle livrer concurrence aux Vacances Air Transat, Signature et autres
grossistes « ITC »?
José Leroux: Je vous ferai remarquer que, techniquement, les vols de Zoom Airlines vers l’Europe seront des vols réguliers. Mais ne jouons pas sur les mots. Nous estimons qu’il y a un manque de capacité pour l’Europe, au plus fort de la saison. Nous avions vendu Zoom, cet hiver, avec des charters pour quatre destinations « Sud », au départ d’Ottawa et de Halifax. C’était, en quelque sorte, un test. L’expérience a été concluante et le taux de ponctualité excellent. Le service à bord était excellent et les clients satisfaits. Cela nous a démontré que nous étions capables de gérer adéquatement une opération charter. Craig Kijek: Il y a d’autres raisons. Une compagnie qui ne progresse pas régresse. Depuis des années, nous enregistrons des progressions constantes. Le charter est une manière de continuer à progresser en diversifiant nos activités. EV: N’est-ce pas une façon de vous prémunir, parce que vous craignez que les compagnies aériennes régulières, qui essaient de plus en plus de se distribuer en direct, ne mettent fin à la consolidation?
JL: La question de la consolidation revient sur le tapis tous les ans et, tous les ans, la consolidation repart de plus belle. C’est un canal de distribution instantané, beaucoup moins coûteux que la vente sur les sites Internet, qui requièrent de lourds investissements pour être remis à jour et bien positionnés. Beaucoup moins coûteux pour les compagnies aériennes que le contact direct avec les agences de voyages, qui requiert le déploiement d’une équipe de ventes et le soutien en « back office » d’un service de comptabilité. La consolidation a encore un bel avenir devant elle. EV: Est-ce alors parce que le transport aérien régulier est en perte de vitesse? La plupart des compagnies régulières essuient de gros déficits et perdent des plumes face aux transporteurs à rabais… CK: Cela ne nous a pas empêché de continuer à progresser, même pendant les deux années de crises que nous venons de vivre. En 2002, c’est-à-dire pendant l’année où les gens ont théoriquement arrêté de prendre l’avion parce qu’ils étaient traumatisés par les attentats du 11 septembre, notre chiffre d’affaires a augmenté de 11%. Au cours des trois dernières années, le chiffre d’affaires a augmenté de 30% et le personnel de 5%. Voici deux ans, nous avions 500 personnes à notre emploi. L’effectif a grimpé à 525 et ce serait beaucoup plus si le développement technologique ne nous avait pas permis de travailler de façon plus efficace, donc d’augmenter la productivité. JL: Il faut dire que le gros de cette augmentation est attribuable aux produits terrestres. Les ventes d’Intair Vacances ont quadruplé en trois ans. Dans ce secteur, nous enregistrons une augmentation annuelle moyenne de 95%. EV: Avec quels produits enregistrez-vous les plus fortes augmentations?
JL: Sur 525 employés, un peu plus de 200 travaillent sur les produits terrestres, soit 40% de l’effectif. Cela, juste chez Intair Vacances, sans compter les filiales du groupe Intair : Exotik, Boomerang et Shangrila. En ce qui concerne le chiffre d’affaires, les produits terrestres pèsent un peu moins lourd : 33% du total. Il faut dire que sur un dossier, on a généralement deux ou quatre billets d’avion pour une seule voiture. Ce qui explique l’écart. Mais nous misons sur le terrestre. Et pour mieux le diffuser, nous voulons sortir de l’ombre. Comme consolidateur, nous n’avions pas besoin d’être connus du public. Comme grossiste généraliste, nous voulons faire connaître la marque Intair Vacances. EV: Le lancement de services charters est-il un des moyens employés pour augmenter le taux de notoriété? JL: Entre autres. Et c’est aussi un moyen qui nous permet d’accéder à de meilleurs tarifs hôteliers. Dans le Sud, un hôtelier accorde de meilleurs prix à un T.O. qui exploite des charters. Il sait que celui-ci prend des risques, ce qui l’incitera à faire de plus grands efforts pour vendre ses sièges et ses chambres. Le « FIT » est en augmentation constante. Les consommateurs achètent de plus en plus de forfaits de trois ou quatre jours. Mais les volumes sont toujours plus importants dans le secteur du charter que dans le « FIT ». Et, dans le domaine du voyage, le volume est la meilleure façon de réaliser des économies d’échelle et d’accéder à de meilleurs prix. EV: Avez-vous l’ambition de devenir un joueur important dans le secteur des charters pour l’Europe? JL: Les vols de Zoom pour Paris décolleront de Toronto, mais nous estimons que les deux tiers des sièges seront vendus à Montréal. Malgré tout, cela ne fera guère plus de 3000 sièges, alors que, au départ du Québec et d’Ottawa, nous vendons environ 50 000 sièges pour Paris, chaque année, sur des vols réguliers. Et, avec Air France, notamment, nous sommes en mesure de proposer des tarifs très intéressants. EV: Vous avez programmé le Sud en charter au départ d’Ottawa et de Halifax, cet hiver. Lancerez-vous des programmes « ITC » au départ de Montréal, l’hiver prochain? JL: Nous y songeons sérieusement. EV: Quels sont vos liens avec Zoom Airlines? Êtes-vous associés? JL: Non. Il s’agit strictement d’une alliance commerciale, même si nous sommes pratqiuement devenus leur seul affréteur. EV: À qui appartient la compagnie? JL: À Hugh Boyle, un Britannique qui exploitait un T.O. et une compagnie aérienne au Royaume-Uni. Il les a revendus à My Travel et est venu s’établir à Ottawa où, fort de son expérience dans le domaine du transport aérien, il a lancé Zoom Airlines. C’est une compagnie gérée sur le modèle des transporteurs à bas prix, à cette différence près qu’elle assure un service complet à bord. EV: Sinon, des nouveaux programmes? JL: Nous avons toujours des nouveaux programmes. Nous lançons deux brochures, ces jours-ci. Une sur l’Europe et une autre sur les Etats-Unis où nous sommes devenus très forts, notamment sur Las Vegas, la Californie, la Floride et New York. Nous sommes également devenu très présents dans le créneau des longs séjours en Europe. Nous avions déjà des programmes sur la Côte d’Azur, avec les appartements Pierres & Vacances. Cette année, nous avons lancé des programmes sur l’Italie et l’Espagne. Ce qui nous a permis de devenir le plus gros producteur de longs séjours au Canada. |
||||||
|
|