magazine voyage


29 septembre 2003


TOP RESA : LES INVASIONS ALLEMANDES

- par André Désiront -

Les groupes allemands ont volé la vedette à Top Resa, le grand salon français des professionnels du voyage qui se tenait à Deauville, en fin de semaine dernière. C’est que les deux plus grands groupes intégrés du monde, TUI et Thomas Cook (qui malgré son nom à consonance anglophone appartient maintenant pour moitié à une banque germanique et pour l’autre à Lufthansa) campent maintenant en position de force dans l’Hexagone comme, d’ailleurs, dans le reste du continent européen. En juin 2001, Thomas Cook rachetait Havas Voyages qui, avec 435 points de ventes et 25% du chiffre d’affaires du marché « loisirs », est la plus grande chaîne française d’agences détaillantes. Les agences Havas seront rebaptisées « Thomas Cook » et le patron de la filiale française, Antoine Cachin, annonçait qu’il se préparait à ouvrir, sous forme de franchisage, 200 points de ventes supplémentaires d’ici 2007. Quant au groupe TUI, ex Preussag, non content d’avoir avalé le plus gros T.O. de l’Hexagone, Nouvelles Frontières, voici un an, il vient de lancer un nouveau grossiste, sous la marque TUI France. Bref, cette présence en forme de rouleau compresseur fait jaser – pardon, jacter! – dans l’Hexagone où les professionnels ont eux-aussi l’humeur minée par les syndromes post-11 septembre.
Jusqu’où ira cette boulimie allemande? Avec un chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros (20 milliards $ Can, soit 10 fois plus que le groupe Transat qui figure pourtant au rang des 10 premiers groupes mondiaux), cinq compagnies aériennes (dont Corsair) et 70 000 employés répartis entre... 482 filiales, TUI est le plus grand groupe mondial. Thomas Cook arrive au second rang, avec un chiffre d’affaires de 8,1 milliards d’euros (12 milliards $ Can), une flotte de 87 avions, 32 T.O. dont le plus connu est l’allemand Neckermann, 30 000 employés et 3 600 agences de voyages (dont près de 300 au Canada, sous les marques Thomas Cook et Marlin). Les britanniques My Travel et First Choice (la compagnie mère de Vacances Signature) ne se classent respectivement qu’au troisième et cinquième rang. Le premier groupe français, Club Med, n’arrive qu’au septième rang avec un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euro (2,6 milliards $). Et avec un chiffre d’affaires d’environ 700 millions de nos dollars, Look Voyages, la filiale de Transat, qui fut un temps numéro trois dans l’Hexagone, a pris bien du recul. Bref, les professionnels français s’inquiètent.
Ce qui n’empêchait pas les 350 voyagistes locaux de croire à une reprise et de proposer une pléthore de nouveaux produits dans leurs catalogues.
Si le Maroc, l’Egypte et d’autres destinations du bassin méditerranéen restent les produits de grande consommation, du côté des destinations exotique, on assiste à une poussée de la Malaisie, du Mali où le pays dogon fait l’objet d’un engouement particulier, de l’Éthiopie et du Brésil, un pays réputé épargné par les grandes tourmentes et épidémies sournoises qui effarouchent tant les candidats au voyage. Dans l’Océan Indien, après les Maldives, les Seychelles et la Réunion, c’est au tour de Pemba, une île située au large de Zanzibar d’être élevée au statut de destination à la mode.
Parlant de mode, les hôtels de charme en Inde (on trouve régulièrement, dans les magazines français des reportages sur de fastueux palais de maharajahs convertis en auberges de grand luxe), le séjour chez l’habitant en Thaïlande ou chez les éleveurs de rennes en Laponie finlandaise, le réveillon dans une isba près de Saint-Petersbourg et le tour du lac Saint-Jean en motoneige (offert par le grossiste Jet Set) ont la cote. Tout comme la thalassothérapie et la remise en forme. Le Club Med vient d’ailleurs d’introniser « Club Med Spa » 24 de ses villages. On en entendra bientôt parler chez nous ! Quant aux « escapades » de quelques jours (de trois à sept) dans une des grandes métropoles du monde, si prisées par les cadres supérieurs et autres surmenés bien nantis, New York, Londres, Barcelone, Saint-Petersbourg et Prague continuent à galoper en tête de peloton, mais sont maintenant talonnés par Shanghaï, la métropole économique chinoise, qui fascine de plus en plus les Européens.
Du côté canadien, la Commission canadienne du tourisme et le Québec, avec des kiosques pour la ville de Québec et quelques régions dont Charlevoix et Lanaudière, assuraient une présence honorable à ce salon Top Resa. Air Transat tenait un petit kiosque (on y remarquait la présence de Gilles Lamontagne) à l’ombre du grand frère, Look Voyages.


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