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par André Désiront -
Les
groupes allemands ont volé la vedette à Top Resa,
le grand salon français des professionnels du voyage
qui se tenait à Deauville, en fin de semaine dernière.
C’est que les deux plus grands groupes intégrés
du monde, TUI et Thomas Cook (qui malgré son nom à
consonance anglophone appartient maintenant pour moitié
à une banque germanique et pour l’autre à
Lufthansa) campent maintenant en position de force dans l’Hexagone
comme, d’ailleurs, dans le reste du continent européen.
En juin 2001, Thomas Cook rachetait Havas Voyages qui, avec
435 points de ventes et 25% du chiffre d’affaires du marché
« loisirs », est la plus grande chaîne française
d’agences détaillantes. Les agences Havas seront
rebaptisées « Thomas Cook » et le patron
de la filiale française, Antoine Cachin, annonçait
qu’il se préparait à ouvrir, sous forme
de franchisage, 200 points de ventes supplémentaires
d’ici 2007. Quant au groupe TUI, ex Preussag, non content
d’avoir avalé le plus gros T.O. de l’Hexagone,
Nouvelles Frontières, voici un an, il vient de lancer
un nouveau grossiste, sous la marque TUI France. Bref, cette
présence en forme de rouleau compresseur fait jaser –
pardon, jacter! – dans l’Hexagone où les
professionnels ont eux-aussi l’humeur minée par
les syndromes post-11 septembre.
Jusqu’où ira cette boulimie allemande? Avec un
chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros (20 milliards
$ Can, soit 10 fois plus que le groupe Transat qui figure pourtant
au rang des 10 premiers groupes mondiaux), cinq compagnies aériennes
(dont Corsair) et 70 000 employés répartis entre...
482 filiales, TUI est le plus grand groupe mondial. Thomas Cook
arrive au second rang, avec un chiffre d’affaires de 8,1
milliards d’euros (12 milliards $ Can), une flotte de
87 avions, 32 T.O. dont le plus connu est l’allemand Neckermann,
30 000 employés et 3 600 agences de voyages (dont près
de 300 au Canada, sous les marques Thomas Cook et Marlin). Les
britanniques My Travel et First Choice (la compagnie mère
de Vacances Signature) ne se classent respectivement qu’au
troisième et cinquième rang. Le premier groupe
français, Club Med, n’arrive qu’au septième
rang avec un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euro
(2,6 milliards $). Et avec un chiffre d’affaires d’environ
700 millions de nos dollars, Look Voyages, la filiale de Transat,
qui fut un temps numéro trois dans l’Hexagone,
a pris bien du recul. Bref, les professionnels français
s’inquiètent.
Ce qui n’empêchait pas les 350 voyagistes locaux
de croire à une reprise et de proposer une pléthore
de nouveaux produits dans leurs catalogues.
Si le Maroc, l’Egypte et d’autres destinations du
bassin méditerranéen restent les produits de grande
consommation, du côté des destinations exotique,
on assiste à une poussée de la Malaisie, du Mali
où le pays dogon fait l’objet d’un engouement
particulier, de l’Éthiopie et du Brésil,
un pays réputé épargné par les grandes
tourmentes et épidémies sournoises qui effarouchent
tant les candidats au voyage. Dans l’Océan Indien,
après les Maldives, les Seychelles et la Réunion,
c’est au tour de Pemba, une île située au
large de Zanzibar d’être élevée au
statut de destination à la mode.
Parlant de mode, les hôtels de charme en Inde (on trouve
régulièrement, dans les magazines français
des reportages sur de fastueux palais de maharajahs convertis
en auberges de grand luxe), le séjour chez l’habitant
en Thaïlande ou chez les éleveurs de rennes en Laponie
finlandaise, le réveillon dans une isba près de
Saint-Petersbourg et le tour du lac Saint-Jean en motoneige
(offert par le grossiste Jet Set) ont la cote. Tout comme la
thalassothérapie et la remise en forme. Le Club Med vient
d’ailleurs d’introniser « Club Med Spa »
24 de ses villages. On en entendra bientôt parler chez
nous ! Quant aux « escapades » de quelques jours
(de trois à sept) dans une des grandes métropoles
du monde, si prisées par les cadres supérieurs
et autres surmenés bien nantis, New York, Londres, Barcelone,
Saint-Petersbourg et Prague continuent à galoper en tête
de peloton, mais sont maintenant talonnés par Shanghaï,
la métropole économique chinoise, qui fascine
de plus en plus les Européens.
Du côté canadien, la Commission canadienne du tourisme
et le Québec, avec des kiosques pour la ville de Québec
et quelques régions dont Charlevoix et Lanaudière,
assuraient une présence honorable à ce salon Top
Resa. Air Transat tenait un petit kiosque (on y remarquait la
présence de Gilles Lamontagne) à l’ombre
du grand frère, Look Voyages.