Tirée par le moteur américain,
la croissance économique mondiale devrait être
plus vigoureuse en 2004 mais aussi inégalement répartie.
Selon les prévisions pour la nouvelle année,
l'Asie devrait connaître la plus forte progression,
tandis que la reprise devrait être modeste dans la zone
euro.
L'économie
mondiale pourrait connaître sa meilleure année
depuis la récession de 2001, selon le Fonds monétaire
international (FMI). "Il y a de bonnes raisons de penser
raisonnablement que l'économie mondiale voit enfin
le bout d'un très long tunnel", souligne l'économiste
principal du FMI Kenneth Rogoff. Le Fonds prédit une
croissance mondiale de 4,1 pour cent en 2004, contre 3,2 pour
cent en 2003.
De
son côté, la Banque mondiale prédit une
croissance plus forte dans les pays en développement
(4,9 pour cent) que dans les pays industrialisés (2,5
pour cent).
Selon
les prévisions, les Etats-Unis devraient connaître
une croissance de 4,5 pour cent en 2004, contre un résultat
attendu de 3,0 pour cent cette année. L'économie
américaine s'est redressée en 2003 pour atteindre
une croissance vertigineuse de 8,2 pour cent cet été,
sa meilleure performance depuis presque 20 ans.
"Nous
voyons une reprise plus forte en cours, qui devrait être
suffisante pour remettre progressivement au travail (...)
des employés et des usines", estime le président
de l'Association nationale pour l'économie des entreprises
(NABE), Duncan Meldrum.
Après
avoir atteint le chiffre record de 525 milliards $ US en 2003,
le déficit budgétaire et commercial américain
devrait s'aggraver en 2004, pour s'établir à
545 milliards $. Le recul du dollar face à l'euro et
au yen pourrait toutefois aider à réduire le
déficit américain, selon certains économistes.
Un
dollar plus faible aide les exportateurs américains
en rendant leur produits moins chers face à la concurrence
étrangère. "La dépréciation
(du dollar) a des avantages pour l'économie américaine",
souligne Kornelius Purps, un analyste de la HypoVereinsbank
à Munich. Le billet vert pourrait toutefois se redresser
face à l'euro à partir d'avril, estime Christoph
Muller, un analyste de la DZ Bank à Francfort.
C'est
en Asie que la croissance devrait être la plus forte
en 2004. Selon la Banque asiatique de développement,
les économies asiatiques devraient voir leur produit
intérieur brut (PIB) progresser de 6,6 pour cent en
2004, contre 6,1 pour cent en 2003.
Les
économies de la région ont souffert en 2003,
la guerre en Irak ayant réduit la demande de produits
asiatiques sur les marchés américain et européen.
L'épidémie de SRAS a également durement
frappé la Chine, Hong Kong, Singapour et Taïwan.
L'Asie
a commencé à se redresser fin 2003 et les perspectives
pour 2004 s'annoncent sous les meilleurs auspices, avec une
forte croissance américaine qui devrait stimuler les
exportations du continent. Même la plus grande économie
de la région, celle du Japon, qui tourne au ralenti
depuis des années, montre des signes encourageants.
Le FMI table sur une hausse du PIB nippon de 2 pour cent pour
l'année budgétaire 2003, qui s'achèvera
le 31 mars 2004, et de 1,4 pour cent pour 2004.
Pour
2003, la Commission européenne prévoit une croissance
de seulement 0,4 pour cent dans les 12 pays de la zone euro
et de 0,8 pour cent pour les 15 pays de l'Union européenne.
En 2004, l'économie européenne devrait retrouver
quelques couleurs avec une prévision de croissance
de 1,8 pour cent dans l'"euroland" et de 2,0 pour
cent dans l'UE.
Première
économie de la zone euro, l'Allemagne devrait connaître
une très légère contraction de son PIB
pour 2003, mais enregistrer une croissance de 1,7 pour cent
en 2004. De son côté, la France devrait afficher
une croissance de 0,2 pour cent en 2003 et de 1,7 pour cent
en 2004, selon l'Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE).
Les
économistes estiment que la hausse de l'euro reflète
un affaiblissement du dollar et non un renforcement des économies
de la zone. Certains en Europe craignent que la vigueur de
la monnaie unique ne freine la reprise en renchérissant
le coût des exportations.
La
Commission estime que la croissance dans les 10 pays d'Europe
de l'Est et du Sud qui rejoindront l'UE en 2004 est "solide"
avec une prévision de 3,1 pour cent pour 2003. L'économie
de ces pays devrait progresser davantage encore après
leur entrée dans l'UE.