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par André Désiront -
Les
principales firmes de recherche américaines spécialisées dans
le « e-commerce » ne s’entendent sur les chiffres. Ainsi, Forrester
Research évalue que la ventes de voyages sur Internet s’élèvera
à 27 milliards $ US, en 2003, aux États-Unis. Ce qui représente
30% des ventes au détail réalisées en ligne (96 millions $), tous
secteurs confondus. Par contre, Jupiter Research estime que le
« etourisme » constitue un marché de 43 milliards $ chez nous
voisins du Sud (sur un marché global de 215 milliards). Pour sa
part, Phocus Wright annonce que les consommateurs du monde entier
dépenseront 80 milliards $ US en 2003, pour acheter des voyages
sur Internet. La firme estime que 70% de ce montant, soit 56 milliards
$, seront dépensés aux États Unis. C’est deux fois plus que son
alter ego, Forrester. Les trois firmes sont toutefois d’accord
sur un point : la progression exponentielle de la vente de voyages
sur Internet. Selon Forrester, le commerce de détail en ligne
réalisera un chiffre d’affaires de 230 milliards $ US, aux États-Unis,
en 2008, ce qui équivaudra à 10% de l’ensemble des ventes au détail
(contre 4,5% en 2003). Mais cette proportion de 10% est déjà dépassée
dans quatre domaines : l’informatique (matériel et logiciels),
les billets de spectacles, les livres et les voyages. Le phénomène
est-il aussi accusé au Québec. Selon Philippe Sureau, vice-président
exécutif du groupe Transat et responsable des activités de distribution,
au Canada l’agent de voyages demeure encore incontournable. «
Le Web est plutôt un « info-médiaire », en ce sens que les consommateurs
s’en servent pour informer, alors qu’il continuent à utiliser
l’agent de voyages comme « intermédiaire », parce qu’ils ont encore
besoin du lien de confiance que leur procure le contact humain
», explique-t-il. Phocus Wright met toutefois en évidence un phénomène
intéressant. Dans certains secteurs de la vente au détail, les
leaders de la vente en ligne se font maintenant talonner sur le
Web par les grandes marques de commerce traditionnelle, sauf dans
un secteur : celui du voyage. Ainsi, Amazon.com , champion mondial
de la vente de livres sur Internet, fait maintenant face à une
vive concurrence de la grande chaîne de librairies Barnes & Noble,
qui effectue une percée fulgurante sur Internet. Dans le domaine
du jouet, eToys doit maintenant composer avec Toys « R » Us, qui
s’est lancé allègrement dans la vente en ligne. Par contre, dans
le domaine du voyage, les leaders sur Internet restent Expedia,
Travelocity, Orbitz et Hotels.com, sans compter les compagnies
aériennes où Southwest domine. On s’attendait à une entrée en
force sur le Web des grandes marques comme American Express, Thomas
Cook ou AAA Travel (l’équivalent américain de CAA). Elle n’a pas
eu lieu!