Je vous remercie de l’occasion que vous me donnez
de prendre la parole aujourd’hui devant cette assemblée.
Tout d’abord, j’aimerais féliciter le
Conseil des aéroports du Canada, l’Association
du transport aérien du Canada, l’Association
de l’industrie touristique du Canada, la Chambre de
commerce du Canada, WESTAC et le Van Horne Institute d’avoir
organisé cet événement. Vous avez mobilisé
un groupe imposant de conférenciers et de participants
afin de discuter des questions fondamentales qui auront une
incidence sur les politiques futures du Canada en matière
de transport aérien.
À n’en pas douter, les questions abordées
dans ce forum sont à l’heure actuelle au premier
rang de tous les programmes en matière de transport.
Et je suis tout à fait conscient que mes propos, qui
arrivent au deuxième jour de cette conférence,
seront reçus à la lumière de ce qui a
été discuté précédemment.
Au cours de mon mandat comme ministre des Transports, j’ai
passé beaucoup plus de temps à régler
les questions d’aviation qu’à régler
celles de tout autre mode de transport.
L’industrie de l’aviation est passée,
au cours des six dernières années, par une période
de bouleversements, tant au Canada qu’à l’étranger.
Elle a été fortement influencée par les
oscillations du marché causées, entre autres,
par le climat concurrentiel changeant, les ralentissements
de l’activité économique, le terrorisme,
la guerre et les maladies : autant de facteurs que vous avez
examinés hier.
L’approche de notre gouvernement s’est toujours
appuyée sur le principe voulant que les secteurs privé
et public aient des rôles clairement définis
à jouer. L’industrie, à notre avis, ne
prendra son essor que si ses décisions sont dictées
par le marché et conformes à ses exigences.
Nous estimons aussi que le rôle du gouvernement consiste
à mettre en place un cadre stratégique stable
et à réglementer la sécurité et
la sûreté du réseau.
Les politiques aériennes du Canada ont favorisé
la diversification de l’industrie aérienne et
la croissance des transporteurs à faibles coûts
en se fondant sur un modèle qui a connu du succès
aux États-Unis et en Europe. Ces politiques ont favorisé
des tarifs qui sont, d’une façon générale,
concurrentiels avec ceux des États-Unis et meilleurs
que ceux de l’Europe. Ces sept dernières années
les tarifs ont continué de baisser, en termes réels
et souvent en termes nominaux. Par exemple, les tarifs Montréal-Paris
sont maintenant moins élevés que ceux qui étaient
en vigueur il y a sept ans.
À l’échelle internationale, nous avons
pratiqué, dans nos relations bilatérales principales,
une politique d’ouverture réelle à l’égard
des parties animées du même désir de libéralisation
que nous. Et la libéralisation graduelle de nos accords
de services aériens avec nos partenaires internationaux
a donné aux entreprises et aux voyageurs un accès
concurrentiel et fréquent aux marchés mondiaux.
Notre approche se caractérise par le respect des décisions
du marché - l’industrie a la liberté de
réussir ou d’échouer - et par une intervention
limitée, lorsque cela est vraiment nécessaire.
Après les événements de septembre 2001,
par exemple, au moment où l’industrie de l’aviation
connaissait les jours les plus sombres de son histoire, le
gouvernement a indemnisé les transporteurs aériens
pour les pertes occasionnées par la fermeture de notre
espace aérien et par les coûts des nouvelles
exigences en matière de sûreté. Nous avons
aussi accordé à l’ensemble de l’industrie
de l’aviation - et pas seulement aux transporteurs aériens
- une couverture d’assurance pour la responsabilité
découlant des risques de guerre, mesure toujours en
vigueur.
Selon le secteur de l’assurance, ce programme d’indemnisation
de couverture d’assurance coûterait 50 millions
de dollars par année au secteur aérien. C’est
donc un avantage immense. Et cela ne tient pas compte des
coûts possibles des risques dont nous assumons la responsabilité.
Nous avons aussi créé l’Administration
canadienne de la sûreté du transport aérien,
ou ACSTA, et lui avons confié la responsabilité
du contrôle de sûreté au préembarquement.
Les transporteurs canadiens ont ainsi pu épargner les
70 millions de dollars qu’ils devaient débourser
chaque année pour la gestion et la prestation de ce
service. Il ne s’agit pas d’un avantage financier
unique, mais d’un apport qui influencera tous les ans
les résultats financiers.
Les nouvelles exigences en matière de sûreté
font maintenant partie du quotidien en Amérique du
Nord. Le gouvernement du Canada maintient son engagement à
assurer aux Canadiens et Canadiennes un milieu de transport
sécuritaire et sûr, et l’ACSTA est étroitement
associée à la réalisation de cet objectif.
Ces derniers temps, afin d’alléger le coût
des voyages aériens, nous avons réduit de douze
à sept dollars le droit pour la sécurité
des passagers du transport aérien perçu sur
les vols nationaux. Aurions-nous dû adopter le modèle
des États-Unis selon lequel 50 pour cent des coûts
sont assumés par le gouvernement fédéral?
Le débat a été plutôt intense à
cet égard, et le gouvernement a décidé,
comme il l’a annoncé dans son budget de décembre
2001, de faire payer le plein coût aux voyageurs aériens.
Le nouveau gouvernement subira certainement des pressions
pour revoir cette question.
Notre détermination à respecter les objectifs
énoncés dans la Politique nationale des aéroports
de 1994 a grandement contribué, ces dernières
années, à donner à l’industrie
du transport aérien un milieu stable sur le plan des
politiques. Cette année, par exemple, nous avons terminé
la commercialisation du dernier des 26 aéroports de
notre Réseau national d’aéroports, et
ceux-ci sont maintenant tous entre les mains d’administrations
locales.
Les décisions relatives aux niveaux de service et
aux immobilisations sont maintenant prises au niveau local,
avec la participation du milieu.
Cette politique a porté fruit, car elle permet aux
secteurs privé et public d’intervenir dans les
domaines où ils excellent. Qui peut mieux diriger un
aéroport que celui qui en saisit pleinement le rôle
dans la collectivité et en estime à sa juste
valeur le potentiel de croissance? Nous voulons miser sur
les succès de cette politique et peaufiner les modèles
existants.
Bien entendu, nous sommes conscients des difficultés
toujours présentes au sein de l’industrie.
L’été dernier, nous avons annoncé
pour les aéroports une aide financière à
court terme, sous forme d’un report pour deux ans du
paiement d’au moins 10 pour cent des loyers, afin de
réduire les pressions financières qui s’exercent
sur eux. Au fond, le gouvernement du Canada accordera aux
aéroports cette année un répit évalué
à 28 millions de dollars. Et, il ne faut pas oublier
la réduction des paiements annuels des loyers, accordée
en raison de la diminution du trafic aux aéroports
loués, qui devrait se chiffrer à 26 millions
de dollars.
Cela représente donc 54 millions de dollars, ou 20
pour cent, de revenus en moins pour le gouvernement par rapport
à ce qu’il avait prévu au commencement
de l’année. J’admets que cette réduction
n’est pas aussi élevée que l’auraient
souhaité les aéroports et les transporteurs,
mais 54 millions de dollars est tout de même une somme
importante, surtout si elle est jumelée aux autres
indemnités accordées par le gouvernement après
le 11 septembre 2001, et qui comprennent :
une indemnité de 100 millions de dollars pour les
pertes occasionnées par la fermeture de l’espace
aérien du Canada, immédiatement après
les attentats terroristes;
une contribution de 35 millions de dollars pour aider les
transporteurs aériens à satisfaire aux exigences
relatives au renforcement des portes des postes de pilotage;
une économie annuelle de plus de 70 millions de dollars
pour les transporteurs depuis que l’ACSTA assume la
responsabilité du contrôle des passagers, comme
je l’ai indiqué plus tôt.
En plus de cette aide à court terme, nous avons entrepris
un examen à long terme de la politique des loyers aux
aéroports loués afin d’évaluer
leur effet sur les aéroports, les transporteurs aériens,
les passagers et les contribuables.
Nous avons aussi déposé la Loi sur les aéroports
du Canada. Cette loi articule une structure de gouvernance
et des exigences en matière de transparence et de responsabilité
plus claires. Les transporteurs aériens et les passagers
pourront ainsi exprimer davantage leurs vues sur les redevances
exigées par les aéroports.
Nous continuons de surveiller la situation. N’ayez
aucun doute à ce sujet : Nous sommes très préoccupés
par la santé de nos transporteurs aériens et
de nos aéroports. Cependant, nous continuons de croire,
comme je l’ai dit plus tôt, que notre rôle
consiste à créer un cadre stratégique
stable, tout en permettant aux forces du marché de
s’exercer.
J’estime que la Politique nationale des aéroports
a porté fruit, mais elle comporte encore des lacunes
qui doivent être comblées. C’est pourquoi
Transports Canada a entrepris l’examen de la politique
des loyers et soumettra ses résultats au Cabinet aux
fins d’étude.
Tout d’abord, il existe un manque d’homogénéité
entre les loyers perçus aux divers aéroports.
Deuxièmement, le concept de loyer participatif peut
miner l’intégrité financière du
système.
Troisièmement, la notion de paiement de loyer à
la Couronne pour 60 ans, particulièrement pour les
petits aéroports, pourrait aussi saper l’intention
même de la politique. Devrions-nous réduire les
loyers, puis les geler? Ou tout simplement les geler? Le concept
d’une redevance permanente à la Couronne peut
se défendre, mais avons-nous établi un calendrier
de paiements réaliste?
Nous sommes aussi conscients des pressions exercées
sur les petits aéroports régionaux. Est-il juste
d’appliquer le concept de l’utilisateur-payeur
- qui a cours dans les grands aéroports du Réseau
national d’aéroports - aux aéroports des
plus petites collectivités? Nous examinons en ce moment
ces questions, aux fins de discussion par le Cabinet.
Cette philosophie axée sur le marché sous-tend
notre nouveau cadre stratégique Droit devant - Une
vision pour les transports au Canada, que j’ai publié
cette année.
Entre autres choses, Droit devant exhorte le gouvernement
du Canada à poursuivre la libéralisation progressive
de ses accords aériens bilatéraux, sur la base
de l’accord Ciels ouverts canado-américain de
1995. Cet accord sans précédent a permis aux
exploitants canadiens et américains d’avoir facilement
accès aux marchés transfrontaliers. Il a aussi
contribué à la croissance des transporteurs
aériens canadiens.
Au moment où nous envisageons la libéralisation
d’accords aériens, plusieurs voix s’élèvent
demandant au gouvernement d’abaisser le plafond d’actions
que peuvent détenir des étrangers ou de permettre
le cabotage pour accroître la concurrence. J’admets
que la concurrence doit être favorisée, mais
ce n’est pas le seul moyen de relancer l’industrie.
Et je ne crois pas qu’il soit dans l’intérêt
national ou nécessaire d’éliminer le plafond
d’actions que peuvent détenir des étrangers
et d’ouvrir la porte aux investisseurs étrangers
pour stimuler la concurrence.
Les règles canadiennes en matière de propriété
jouent un rôle important en préservant la propriété
et le contrôle canadiens de l’industrie. Et c’est
ce que la plupart des Canadiens souhaitent en cette période
où nous continuons de créer les conditions favorables
à l’émergence et à la réussite
de nouveaux services de transport aérien. En même
temps, les règles sont assez souples pour permettre
un accroissement des investissements étrangers, quant
ceux-ci ne mettent pas en péril le contrôle canadien.
De plus, peut-on dire que les transporteurs aériens
canadiens ont pleinement utilisé le plafond d’actions
que peuvent détenir des étrangers?
Si nous accordions aux transporteurs étrangers un
accès unilatéral au marché national du
Canada, cela pourrait nuire aux transporteurs aériens
canadiens qui traversent une période caractérisée
par l’incertitude économique et le déclin
du nombre de passagers. De plus, les transporteurs étrangers
s’intéresseraient probablement davantage aux
marchés plus rentables du Canada, où le consommateur
est déjà très bien servi. Ils auraient
beaucoup moins d’intérêt à offrir
leurs services aux plus petits marchés moins rentables
du Canada.
Ceux qui parlent d’ouvrir le marché canadien
aux transporteurs étrangers suggèrent rarement
des privilèges équivalents pour les transporteurs
canadiens. Mais pourquoi devrions-nous ouvrir nos frontières
sans réciprocité? Pourquoi souhaiterions-nous
réduire notre capacité d’influencer notre
avenir et compromettre la rentabilité des principaux
employeurs canadiens?
J’ai discuté à diverses reprises de cette
question avec mon homologue américain, le secrétaire
aux Transports Norman Mineta. Le résultat était
toujours le même : les États-Unis ne veulent
pas permettre à des transporteurs de propriété
et de contrôle étrangers de les concurrencer
sur leur marché intérieur. Les transporteurs
aériens canadiens ne pourraient donc jamais jouir de
privilèges réciproques aux États-Unis.
À moins de faire la démonstration claire des
avantages de ce principe, tant pour les consommateurs que
pour les transporteurs aériens, le gouvernement continuera
de privilégier des solutions canadiennes aux problèmes
des services aériens au Canada.
Maintenant, comme vous le savez, les États-Unis et
l’Union européenne ont récemment entamé
des négociations, qui pourraient se solder par la création
d’une industrie intégrée de transporteurs
aériens et un marché de services aériens
communs aux deux parties. Cette solution pourrait être
avantageuse tant pour les voyageurs, qui y trouveraient de
meilleurs tarifs et services, que pour l’industrie,
qui accroîtrait son efficacité sur ce marché.
Ces négociations devraient se prolonger, car il s’agit
de questions stratégiques très complexes et
les lois américaines devraient être modifiées
pour permettre l’application de certains des accords
conclus. Le Canada suit attentivement ces discussions afin
de déterminer leurs répercussions possibles
sur notre industrie et les autres intervenants. Le Canada
serait disposé à y participer à titre
d’observateur afin de bien comprendre les enjeux et
leur portée. Et les États-Unis et l’Union
européenne sont bien au fait de notre position. Dans
l’intervalle, nous nous attendons à ce que les
pourparlers soient transparents et clairs pour tous ceux qui
ne siègent pas à la table des négociations.
Nous devrions être en mesure de consulter nos intervenants
au moment approprié.
Si nous devions envisager une participation canadienne à
des pourparlers entre l’Union européenne et les
États-Unis, ou à des pourparlers similaires,
comme ceux portant sur la circulation transfrontalière
ou l’ALENA, il nous faudrait tenir compte d’un
vaste éventail d’intervenants et d’intérêts
canadiens. Il nous faudrait peser attentivement les avantages,
les coûts et les compromis à faire avant d’entamer
de telles discussions. Et, de toute évidence, une telle
évaluation ne saurait s’accomplir sans des consultations
ouvertes et franches auprès des intervenants.
En attendant, le Canada a conclu plus de 70 accords de transport
aérien avec d’autres pays, et ces accords donnent
aux Canadiens accès à une vaste gamme de destinations
étrangères. Bon nombre des accords avec nos
partenaires européens offrent un accès au marché
aussi libéralisé que celui que prévoit
l’accord aérien canado-américain de 1995.
Il y a ensuite la question du moment approprié. Nous
devons reconnaître que l’industrie canadienne
du transport aérien n’est pas depuis des mois,
voire des années, en situation de force. Compte tenu
de cet élément et du fait que la concurrence
s’accroît de manière visible depuis plusieurs
années sur notre marché intérieur, je
me demande si le moment est bien choisi pour s’engager
dans une telle aventure, qui pourrait être sans lendemain.
Nous ne tarderons pas à consulter également
tous les intervenants canadiens au sujet d’une décision
de la Cour européenne de justice qui a, en novembre
2002, établi que les clauses de désignation
des transporteurs aériens dans les accords européens
bilatéraux de ciels ouverts avec les États-Unis,
étaient incompatibles avec les lois européennes.
Il y a des clauses similaires en matière de nationalité
dans les dispositions de désignation contenues dans
nos accords avec les États membres de l’Union
européenne.
La Commission européenne a clairement indiqué
que ces dispositions devaient être modifiées
pour se conformer aux lois européennes. Cela signifie
qu’un État membre de l’Union européenne
pourrait désigner n’importe quel transporteur
de l’Union européenne en vertu de son accord
bilatéral avec le Canada. Les implications pour l’industrie
canadienne pourraient être très importantes.
Comme je l’ai mentionné plus tôt, des représentants
de mon ministère consulteront bientôt les intervenants
pour déterminer une position à adopter par le
Canada.
Les pourparlers entre l’Union européenne et
les États-Unis soulèvent la question des efforts
considérables à déployer pour libéraliser
les accords sur le transport aérien entre les blocs.
Et cela soulève aussi la question de savoir si nous
voulons nous positionner comme membre d’un bloc nord-américain.
Ne devrions-nous pas songer à un marché intégré
nord-américain, si les trois États étaient
disposés à collaborer ensemble à une
telle vision commune?
Ne soyons pas dupes. Tout effort vers une libéralisation
de cette envergure serait une entreprise colossale. Les questions
soulevées par un tel modèle intégré
dépasseraient celles des droits de circulation. Il
faudrait tenir compte des préoccupations au sujet de
la sécurité et de la sûreté, de
la propriété et du contrôle étranger,
du cabotage et des droits d’établissement, de
l’allocation des créneaux, de l’aide gouvernementale,
des politiques en matière d’environnement et
de concurrence, de l’approbation des fusions et des
acquisitions, de l’intermodalisme, et de bien d’autres
éléments encore.
Le Canada a bénéficié - de même
que l’industrie de l’aviation canadienne -des
politiques canadiennes en matière d’aviation.
Lorsque la communauté internationale sera prête
à ouvrir le marché aérien, et que nous
verrons que cela pourrait servir nos intérêts,
nous serons prêts à joindre le mouvement. Mais
nous ne céderons rien sans recevoir notre juste part
en retour.
Le premier siècle de vol propulsé s’achève
et le Canada peut être fier de ses nombreuses réalisations
: les normes supérieures en matière de service
de nos transporteurs aériens, la qualité de
nos aéroports, l’excellence de notre aéronautique,
et notre contribution au programme spatial des États-Unis.
Sans oublier la compétence et la bravoure de nos pilotes,
dans les conditions extrêmes de l’Arctique et
de l’Antarctique. Nous nous sommes bâti une solide
réputation bien au-delà de nos frontières.
Je crois que l’avenir de l’aviation au Canada
est plein de promesses. Je crois que nous avons, au sein de
l’industrie et dans cette salle, les personnes qu’il
faut pour accomplir des merveilles.
Ce gouvernement continuera de mettre de l’avant des
politiques en vue de maximiser les avantages d’une industrie
axée sur les forces du marché. Il continuera
aussi de cibler ses interventions là où c’est
nécessaire.
Je vous remercie.