Entrevue:
Uguette Chiasson
Texte: Uguette Chiasson et Hélène Clément
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Charles
Bochi |
Ghislaine
Bochi, présidente de Standard Tours, est née
en 1956, à Paris, de parents égyptiens. Lorsqu’elle
a trois ans, la famille quitte la France pour venir s’installer
à Montréal. En 1962 son père, Charles
Bochi, ouvre l’agence de voyage : La maison du Voyage.
Comme à l’époque les frais interurbains
à l’extérieur du Canada sont coûteux,
il se munit d’une machine Telex qui lui permet alors
d’offrir plusieurs services aux agences de voyages du
pays. Avec l’aide de son meilleur ami Alex Goldring,
propriétaire de Bonanza Voyages ( l’homme le
plus expérimenté en voyage au Québec,
selon Ghislaine), Charles Bochi crée la même
année Standard Tours.
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Alex Goldring
et Ghislaine Bochi |
C’est
le début d’une belle aventure pour le tour opérateur.
Ghislaine y travaillera pendant son adolescence. Elle fait
les nombreuses courses inhérentes à un tour
opérateur et travaille aux réservations. C’est
donc sur le tas qu’elle apprend les rudiments du métier
d’agent de voyages.
Nouvelle
vie en Floride
Ghislaine a maintenant 16 ans, ses parents se séparent.
Elle déménage en Floride avec sa mère,
s’adapte à sa nouvelle vie et devient ce qu’elle
dit être une vraie « Floridienne ». Elle
prend mari au pays de l’oncle Sam et poursuit sa carrière
dans le domaine du tourisme. Elle travaille pour Air Canada,
Alamo et expérimente le métier de gérant
d’hôtel et d’agent de voyages.
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Ghislaine
Bocci rêve de devenir artiste |
Toute
jeune, Gigi pour les intimes, rêve de devenir artiste.
Elle adore chanter, jouer du piano, de la guitare. Elle aime
aussi l’artisanat et la sculpture. Elle étudie
les beaux-arts. En Floride elle participe au tournage d’un
film. Son rôle : monter à bord d’une montgolfière
qui s’envole vers les Bahamas. Elle devient la première
femme, en 1994, à faire la traversée Floride-Bahamas
en ballon à hélium. Tout un exploit pour l’époque
!
Retour
à Montréal
Gigi vit en Floride jusqu’en 1981, année de son
divorce. Son père lui propose de revenir au Québec
pour travailler à ses côtés. Elle débute
au département des réservations. Très
vite, elle acquiert de l’expérience. En 1987,
Charles Bochi meurt subitement, à l’âge
de 62 ans. Ghislaine ainsi que ses deux sœurs (qui vivent
en Floride), héritent de l’entreprise. Mais ces
deux dernières ignorent tout de l’industrie touristique
et ne sont nullement intéressées par le tour
opérateur. Malgré l’intérêt
porté par plusieurs personnes sur l’achat de
Standard Tour, Ghislaine ne veut pas vendre à des inconnus
l’entreprise pour laquelle son père a mis tant
d’énergie. Elle consulte un ami, Alex Goldring,
qui lui conseille fortement d’acheter les parts de ses
sœurs. En 1988, elle devient donc l’unique propriétaire.
Elle abandonne son rêve de devenir artiste.
1987
… la récession!
C’est le début de la récession et de deux
années difficiles pour Gigi . De quinze employées,
l’entreprise passe à quatre employés.
La présidente de Standard Tours travaille de 6 h à
2 h du matin, tous les jours. Loin d’elle l’idée
de perdre l’héritage de son père. Il faut
de cinq à six ans pour reprendre du poil de la bête
et enfin affirmer que Standard Tour est sauvé. Toujours
installé au sous-sol de la maison familiale Gigi achète,
en 1999, le local de la banque Korea Exchange Bank of Canada.
Elle le rénove et le 5719 Monkland devient le bureau
chef de Standard Tours.
Internet, amour et…compagnie
Gigi a un autre hobby : l’Internet. En 1995, c’est
l’époque du référendum au Québec.
Elle échange sur le sujet avec un homme du Nouveau-Brunswick.
Les internautes s’entendent merveilleusement bien. Après
sept mois de fréquentation « électronique
», son correspondant la rejoint à Montréal
et ne la quitte plus. Coureur en moto durant l’été,
il transmet la piqûre de la motocyclette à sa
future femme et ensemble ils voyagent beaucoup au Québec
ainsi qu’à l’extérieur de la Belle
Province. Malheureusement, un accident de la route conduit
son mari à quatre mois d’hôpital. Cette
malencontreuse expérience combinée aux quinze
essais pour obtenir son permis de conduire, Gigi décide
que ce sport ne lui convient pas. Elle y met un terme.
Ellei possède alors une Harley Davidson 1950, qu’elle
monte pièce par pièce, avec l’aide de
son ami. Un travail de moine qui dure deux ans et demi. Consciente
que la moto chromée est la plus vendue au Québec
et ailleurs dans le monde, Gigi décide alors de proposer
la location de Harley Davidson aux États-Unis, en Europe
et au Mexique.
En 1995, Alex Goldring prend sa retraite et devient consultant
pour Standard Tours. Grâce à sa grande expérience,
le tour opérateur prend de l’expansion. Goldring
travaille à l’époque avec 20 000 hôtels
en Europe. Quant à la Maison du Voyage, l’entreprise
est vendue aux employés en 1980 et par la suite change
plusieurs fois de propriétaires. Toujours en opération,
c’est l’une des plus anciennes agences de voyages
du Québec.
L’avenir
d’un agent de voyage
L’avenir de Standard Tours
Quand on demande à Ghislaine ce qu’elle pense
du travail d’agent de voyages, elle répond :
« C’est un domaine en difficulté, qui depuis
l’arrivée de l’Internet change trop vite.
Les agents doivent continuellement être au fait des
nouvelles technologies, ce qui n’est pas toujours facile
pour les gens de ma génération. » Gigi
pointe du doigt les plaques des compagnies aériennes
qu’elle conserve depuis le début. Elle les a
presque toutes. De beaux souvenirs qu’elle garde précieusement
dans son bureau et dont elle ne se séparera jamais.
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Ghislaine
Bochi |
Chose
certaine, Standard Tours se démarque par ses circuits
originaux. En sus des voyages en moto, le tour opérateur
offre des locations de motoneige, d’ATV, de VTT (véhicule
tout terrain ), de moto marine, de bateau à moteur
et propose une gamme complète de produits pour les
aventuriers qui souhaitent vivre des expériences différentes
du simple voyage au bord de la mer.
Ses
plans futurs :créer
des circuits culinaires au Costa Rica avec l’aide de
son demi-frère qui
vit dans ce pays, des circuits de musique à Vienne
et des voyages d’ornithologie en Louisiane, circuits
qui seront offerts par les agences de voyages.
La
seule ombre au tableau est l’avenir de son entreprise.
James, son fils de 22 ans, ne semble pas intéressé,
pour l’instant du moins, à prendre la relève,
le domaine du voyage ne faisant pas parti de ses priorités.
La seule alternative pour Gigi sera donc de vendre son entreprise.
Elle en parle avec regret. Mais ainsi va la vie…Et qui
sait ? Peut être deviendra-t-elle artiste, un rêve
qu’elle chérit depuis toujours.